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Pas de mystère, sur Terre :
Vilains humains, des assassins,
Toujours la faim, sans fin.

Dans l'univers, mystères !
Infime humain, tout petit grain,
Même un rupin n'est que du rien.

Lenaïg

Pour Lilou Soleil et Les Croqueurs de mots

Rien ne change sous le soleil : cruels destins qu'imposent sur la planète une poignée d'humains inhumains, comme le prouve l'extrait de poème de Marguerite Yourcenar.
Là-haut, l'humain ne maîtrise rien mais le scientifique cherche et ne dédaigne pas de suivre les chemins de la poésie, comme Jean-Pierre Luminet.

2e jeudi en poésie des Croqueurs de Lilou : morceaux choisis

Gares d'émigrants : Italie du Sud

Fanal rouge, œil sanglant des gares ;
Entre les ballots mis en tas,
Longs bêlements, sanglots, bagarres ;
Émigrants, fuyards, apostats,
Sans patrie entre les états ;
Rails qui se brouillent et s'égarent.

Buffet : trop cher pour y manger ;
Brume sale sur la portière ;
Attendre, obéir, se ranger ;
Douaniers; à quoi sert la frontière ?
Chaque riche a la terre entière ;
Tout misérable est étranger.

Masques salis que les pleurs lavent,
Trop las pour être révoltés ;
Étirement des faces hâves ;
Le travail pèse ; ils sont bâtés ;
Le vent disperse ; ils sont jetés.
Ce soir la cendre. À quand les laves ?

Tantôt l'hiver, tantôt l'été ;
Froid, soleil, double violence ;
L'accablé, l'amer, l'hébété ;
Ici plainte et plus loin silence ;
Les deux plateaux d'une balance,
Et pour fléau la pauvreté.

Marguerite Yourcenar
1934 (1959)

http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2013/02/marguerite-yourcenar-une-femme-immortelle.html

2e jeudi en poésie des Croqueurs de Lilou : morceaux choisis

Les courbes des comètes font scandale

de si lourdes masses ne peuvent être mues par un grain de poussière
passantes aux crins de flamme
leur attrait tient en ce qu’elles glissent dans le mystère
 
Noblesse des moteurs angéliques
ardeur de leur amour
c’est aux anges de conserver cette tâche
les hôtes de la maison sont incités à la joie et à la vivacité
il n’en faut user que dans la mesure voulue
mais la raison d’être de l’univers est la grande circulation de l’invisible


Jean-Pierre Luminet
extrait de « La Nature des choses »,
Le Cherche midi, 2012

Illustrations :
http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/16/pauvres-riches
comète sur futura-sciences.com

Tag(s) : #Poèmes

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