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Il y a des écrivains qui construisent leurs oeuvres en musique  ... Le romancier Bernard Werber est de ceux-là. Moi l'écrivaillonne je n'ai pas cette habitude et, pour le défi de Lilou Soleil chez les Crôqueurs de mots, j'aurais voulu m'y mettre aussi et que sous l'impulsion mélodique, des personnages se dessinent peu à peu dans ma tête, des situations, une intrigue ! Telle était mon intention du départ, même si ma muse se fait très discrète depuis quelques temps. Donc, j'ai écouté une première fois les vocalises de Natalie Dessaye puis le piano de Gilels et je me suis dit que je trouverai l'intensité dramatique de préférence dans la musique jouée ... Puis j'ai réécouté ... Le piano m'a fait me transporter dans l'univers des films muets, ceux de Charlie Chaplin, quand la musique épousait expressions des visages et mouvements ...

http://www.vodkaster.com/extraits/temps-modernes-reconfort-final/68924

Et la silhouette d'un petit garçon m'est passée par la tête, mais oui ! J'allais nous faire partager un épisode de sa vie ! Or, il m'a échappé ! Je n'ai pas pu le suivre et je n'ai pas demandé à mes "fins limiers" de se lancer sur sa piste. Parce qu'on se souvient peut-être, je n'ai pas de "muse" à proprement parler dans mon univers créatif, j'ai des chiens limiers ! Ce petit garçon qui gambadait sur les notes de Rachmaninov, était-ce un petit Russe d'une famille cossue d'avant la Révolution, ou un kid petit frère de celui du film dramatique éponyme de Charlie Chaplin, justement, issu des bas-fonds de la société (quel que soit le pays ou l'époque), habillé comme un poulbot, certes, mais en fait de bric et de broc et de vêtements trop grands et rapiécés ? Comme les images alternaient au fil de ma pensée, j'ai décidé de ne pas trancher, de ne pas faire de lui un Gavroche livré à la rudesse de la rue, ni par exemple un Léon Tolstoï dans son Enfance :

Le 12 août 18.., juste trois jours après le dixième anniversaire de ma naissance, celui où je reçus de si beaux cadeaux, le gouverneur Karl Ivanovitch me réveilla d'un grand coup de chasse-mouches, et si gauchement qu'il faillit faire tomber la petite icône suspendue à la tête de mon lit. La mouche, tuée, certes! me tomba sur la face.
Je sortis le nez de mes couvertures assez à temps pour retenir l'image sainte trébuchante, je jetai la mouche à terre et de mes yeux endormis et fâchés je fixai Karl Ivanovitch.
Enveloppé d'une robe de chambre bigarrée, doublée de ouate et entourée d'une ceinture de même étoffe, coiffé d'un bonnet de tricot rouge, le gouverneur arpentait la chambre en longeant le mur et continuait sa chasse aux mouches.

(http://www.babelio.com/livres/Tolstoi-Enfance/42417)

https://www.youtube.com/watch?v=qNseEVlaCl4

Ce petit garçon né des notes du piano, je veux qu'il vive une enfance aussi libre que possible, comme cela devrait être la norme au XXIe siècle, que l'amour dans sa famille compense le manque de richesse ou que la richesse ne soit pas un mur entre lui et ses parents, absents, occupés ailleurs ... Je veux même qu'il traîne les pieds pour aller à l'école, mais qu'il y aille, au lieu de se voir privé de son enfance et privé de tout son temps éveillé dans une mine d'Afrique, dans un atelier de tissage d'Asie ... Je veux qu'il apprécie finalement l'air pur et le chant de l'eau, des oiseaux, quand on l'arrache -sans l'en priver pour autant- de sa tablette de Petit(e) Poucet(te) (voir le petit essai de Michel Serres, un lien critique ici : clic !) ! Je veux qu'il ne vive pas dans un pays en guerre. Je ne peux que souhaiter, puisqu'il m'a échappé, en toute liberté !

https://www.youtube.com/watch?v=5ZIQ2pHaJ1I

Et je me remets à écouter Vocalise interprété par Natalie Dessaye, je me laisse bercer ... Je n'imagine plus rien, je me confonds avec la pureté, le velouté de la voix, je songe à ma mère qui, en musicienne ayant aimé apprendre et jouer du violon, appréciait les belles voix, aimait La Callas des débuts et Mado Robin et bien d'autres dont je ne me souviens pas ... Finalement, c'est cette interprétation du morceau qui l'emporte en puissance d'émotion ! Je n'imagine rien et pourtant, sans savoir transcrire en mots moins banals ce que je ressens, me voici qui flotte, comme sur l'eau ou dans les airs, aussi haut que la voix.

Lenaïg

how we miss you - www.vintageantiqueclassics.com

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PS : Comme j'ai cité Bernard Werber, je recopie ses indications à la fin de sa saga myrmicéenne : "Pour ceux qui aimeraient baigner dans la même ambiance, en écrivant ce livre j'ai tout spécialement écouté les musiques suivantes : Mozart, Prokofiev, Pink Floyd, Debussy, Mike Oldfield (pour les scènes forestières), Genesis, Yes, les musiques des films Dune, La Guerre des étoiles, Jonathan Livinstone le goéland, et E.T. (pour les scènes de poursuite), Marillion, AC-DC, Dead Can Dance, Arvo Part, Andreas Vollensweider (pour les scènes de révolution des lycéens), et puis le silence, ou Bach (pour tout ce qui est extrait de l'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu)."

Tag(s) : #Jeux

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