
L’homme tiqua. La jeune femme l’avait appelé par son nom. Il semblerait qu’elle ne le prenait plus pour un dieu, il soupçonna que le jeune Ram y était pour quelque chose. En tout cas, cela allait lui faciliter les choses.
« Bonjour à toi aussi… Heureusement que je me suis souvenu du nom de ta cité. Est-ce que je peux m’asseoir ? J’ai une longue histoire à te raconter… Tu es sûre que c’est diététique ce que tu as là ? Attends, laisse-moi déballer ce que je t’ai apporté. J’ai eu un peu de mal à trouver tout ce que tu aimes, alors bon appétit. »
Martin avait été désappointé, il n’y avait plus d’appareil fonctionnel à la Cité des dieux. Il ne pouvait pas contacter New-Terra. Il n’était pas ingénieur, et quand bien même, il ne disposait pas de la technologie pour fabriquer un transmetteur hyperspatial. Après avoir surmonté sa frustration, il se résigna philosophiquement à envisager les autres options qui s’offraient à lui. Et puis, il avait près d’un siècle de retard, il était logiquement plus facile de vivre dans un monde moins avancé, que le contraire, il serait un inadapté, sur New-Terra.
Il pouvait adopter une vie solitaire en cherchant un environnement technologique qui lui serait familier, mais il doutait de trouver un sanctuaire qui aurait traversé intact le temps implacable. Et la solitude n’était généralement pas bénéfique à l’équilibre psychique et mental. Il pouvait aussi aller se pendre, pour échapper à un monde qui lui était étranger ; mais il n’était pas un lâche, il écarta avec dédain cette possibilité. Enfin, il pouvait envisager d’essayer de s’adapter à cet environnement ; le jeune Ram, ainsi que la petite Nèfe, pourraient l’aider. Et puis, en y réfléchissant, serait-il moins heureux dans un univers moins technologique ? Et il y avait aussi ce médecin, Nicole, qu’ils appelaient ici « toubib », qui l’incitait à croire que cela valait la peine de vivre dans cette époque.
Les Friyens étaient hospitaliers, mais ils initiaient quand même une enquête, avant d’accepter d’intégrer un étranger. Cependant, quand le dessi-maître Ram et le rha-compteuse Nèfe (excusez du peu) se portaient garant d’un Martin Dupond, les formalités étaient rapides. En tout cas, ceux qui connaissaient bien la toubib Nicole, avaient constaté que la jeune femme semblait être transfigurée, depuis l’arrivée de l’étranger. Les vieilles marieuses qui s’étaient découragées depuis longtemps, se doutaient qu’il y avait du romantisme dans l’air.
Fin
Je me suis demandé comment réagirait quelqu'un, devant un amour apparemment impossible ; en serait-il malade jusqu'à la fin de ses jours ? Ou bien combien de temps cela lui prendrait-il de se reprendre en main ? Je ne vais pas m'enfoncer dans un débat philosophique, je veux seulement exprimer ce que mon imagination a concocté. Comme les gens aiment les happy end, j'ai préféré "tricher" en éludant le problème.

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