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 Pour page Profiter de la misère, Michel Thibault - Cuba - www.offrevoyages.com
Assis derrière des plaques d'autos gravées à la main, le vieil homme s'est plaint : «Toute la nourriture est pour les touristes !»
  
La misère a encore noirci à Cuba où je suis retourné cet été. Le gouvernement a congédié des dizaines de milliers de travailleurs. Comme il est à peu près le seul employeur, le taux de chômage a explosé. La nourriture coûte une fortune et, en dehors des hôtels, ça se résume à du riz, des fèves noires et des fruits. «Un repas pour la famille revient à 10 $ alors que je gagne 25 $ par mois», m'a confié un médecin cubain. Mais même avec de l'argent, c'est difficile de se procurer de la viande. Et pas n'importe laquelle. Du poulet ou du porc. Le bœuf est réservé aux touristes; il est interdit aux Cubains d'en posséder sous peine de prison.
Quand ils découvrent l'enfer derrière les plages paradisiaques, beaucoup de visiteurs compatissent avec leurs hôtes et aident comme ils le peuvent. Il existe malheureusement une engeance qui profite sans vergogne du malheur d'autrui. À Cuba, j'ai déjà entendu un touriste se vanter que ses vacances ne lui avaient rien coûté. «Je trouve des cochonneries dans les ruelles et je les vends aux Cubains. Ils achètent tout !» Mais il y a pire.
Tandis que j'attendais de me faire servir un verre, en vacances, un compatriote est venu allonger la queue au bar. «Ha ! Des Québécois !», il a lancé. Le gars s'est mis à raconter qu'il avait tout vendu au Québec et qu'il vivait sur place depuis quelques semaines. «Ça coûte rien vivre icitte. J'fais la belle vie», il a assuré. «Je bois, je mange et je f… toute la journée.» Remplacez les petits points par un terme vulgaire qui rime avec four. «Hé, en un mois j'ai piqué 25 p… !» À ces petits points-là il faut substituer un mot de la famille de pelotonner très méprisant à l'égard des femmes.
Le parleur n'était pas un Brad Pitt sous le lit duquel bien des demoiselles rêvent de glisser leurs babouches. Il a avoué sans gêne qu'il achetait les faveurs des filles. «En général, j'paye 20 piastres. Des fois dix. Il y en a une qui m'a coûté six piastres; une bouteille de rhum. J'ai 42 ans pi je pique des (mot de la famille de pelotonner) de 19, 20 ans ! Je me gâte.»
C'est le plus dégueulasse que j'ai entendu mais on en voit de plus en plus qui «se gâtent» au royaume de Castro. Avec la pauvreté qui s'accentue, le tourisme sexuel prend de l'ampleur. Et se pratique ouvertement. On peut les voir sur la plage, quadragénaires défraichis en couple pendant trois, quatre jours avec une nymphette locale. Je me suis laissé dire que c'est même la vocation d'un certain hôtel. «Quand les touristes arrivent, les filles les attendent à l'entrée», m'a affirmé un compatriote. Faites l'amour, pas la guerre, qu'y disent. Ouais, ça peut être pareil.

Michel Thibault
http://monteregieweb.com/Le_Soleil_De_Chateauguay

Photo : Cuba, www.offrevoyages.com 
Tag(s) : #Les billets-éditoriaux de Michel Thibault
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