Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Mon été 2012

 

illus014.jpg

 

 

L'été tire déjà sur sa fin ; j'observe quand les touristes d'avant la rentrée s'en iront, afin que d'éprouver les vagues successives du calme tiède de septembre. Juin. J'avais l'esprit serein et presque habitué des vacanciers d'été, ceux de mes cartes postales autochtones, mes autres années. Routine que cela, me disais-je. Mais il n' y a jamais la même routine. Encore une fois, je me suis fait avoir : les paysages sont statiques, presque éternels, et tout le reste change, comme pour éprouver le vivant de nos corps, la torpeur de nos -DGjGv88j5WcbEB9tkBwLzl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB_Rd1H6kmuBW.jpgâmes... Ils vinrent tout doucement, les autres, en juin, avec une chaleur d'ici alors qu'il pleuvait sur toute l'Europe depuis des semaines et des semaines. Léna me téléphonait depuis Brest où le crachin chantait dans ses oreilles sans la perturber, par habitude peut-être... Non, elle aime sa région au point d'aimer sa pluie, elle aime sa maman et le monde alentour compte moins que le reste, pensais-je. Clin d’oeil. Comme nous sommes subjectifs, chacun, chacune. L'été. L'été sera-t-il différent d'une personne à l'autre et même au même endroit ? J'aime les mots, voyez-vous : ils chantent leur répétition comme une partition en écrivant nos lettres. Alors l'été, l'été 2012 ?


Je l'ai vécu avec un an de plus oui, comme vous, mais cette année m'a paru plus lourde dans mon corps accusant le cou, ou d'une nourriture plus pesante dans mon estomac, à moins que ce ne soit la chaleur grandissante au fil des jours... Les mots, les maux. Le temps au ralenti sans la routine des émissions télé, les journaux des 13 et 20 heures,aux sons publicitaires toujours semblables avec leurs marronniers de saison. Publicité ? Elle n'a pas disparu, mince ; ce sont nos yeux qui ne voient plus pareil le sourire fabriqué des bisounours de la consommation. Et c'est bon ! C'est bon surtout lorsque l'on est parti. Je ne suis oie_853031dRZ4hQSU.jpgpas parti. Et vous ? Mais c'était bon quand même. Vapeurs s'évaporant du sol, calme épais de l'après-midi chaud, couleur des marchés, les nerfs qui s'apaisent en s'inquiétant encore. La paix, celle qu'on respire sans réfléchir... Les espoirs enfin, ceux qu'on caresse sans y croire, pour le fun diraient les ado, ceux qu'on désire sans violences, ceux qui font du bien où l'on sourit tout seul...


Juillet, oui j'oubliais. Août fut encore plus chaud avec ses aoûtiens plus nombreux par le bruit de leurs pas. Évidence. On s'endormit en regardant à peine le nouveau président des français ce 14/07. Qu'il parle celui-là, ce ne sera jamais autant qu'avant son élection aux promesses immenses ainsi que ses prédécesseurs. Pessimisme ? Non : prévoyance. Ils ne changeront rien à notre éanglais3.jpgté... Juillet, août, le sport, les jeux, les série B ; le calme donc ? La parenthèse des administrations plus lente encore que le reste des saisons aux tickets d'attente blancs, aux guichets formica, aux répondeurs téléphoniques en boucle qui se foutent de vous. Serait-ce pareil au Canada ? Aux States, aux États comme ils disent. J'en ai connu des Canadiens, l'été...

 

La chair nue sous l'ombre, l'arrosage du soir, les coups de soleil du touriste. Noir, frais, rouge, kaléidoscope en souvenirs. L'été aux messes avec touristes en short, en numérique. Prends-la photo là. Chutttt ! La chaleur après le touriste.jpgrepas aux volets fermés, les clichés éclatés sur la sieste provençale bien nécessaire l'été... La soif à l'anisette, le pastis de mon bôf, les cris du chien qu'on a oublié, l'été... Que tout le monde oublie... Ils avancent, eux aussi les vacanciers dans mon lotissement, mais pas en rang d'oignons non : sur la moitié de la route ils vous engueulent lorsque vous les frôlez, vous qui partez au boulot ou faites vos courses, d'été... Ou allez pointer devant un uniforme, étatique...


La nuit, je dors sans trouver le soleil, heu le sommeil, couché nu comme un ver sous la fenêtre ouverte et les bruits du camping pas loin de la maison. Tiens, j'avais fait un poème sur la blanche lune qui réveille les morts. Les morts ? Image, mots de saison... Odeurs : le thym qui s'éteint en juin, les Il_y_avait_du_monde_sur_les_routes_.jpgsauterelles et les grillons qui vivent un instant et s'appellent pour faire l'amour, la chaleur moite du soir, les souvenirs que vous aurez, le rire insolent du voisin recevant sa famille qui se lâche et s'exalte... Rires, pleurs, cris, la vie, la mort selon l'humeur. L'été et ses voitures, ses bouchons ectoplasme à nous rêver la nuit, accidents sauvages, gamins qui hurlent au bord des barbecues ; l'été et ses filles violées. Contraste.


Douleurs, douleurs dans ma jambe ou votre nez coulant, allergies et cascades de toux, mal au ventre gourmandise versée, fatigues inattendues sans 39j3ohaa-copie-1.gifcomprendre pourquoi. Ah, le corps qui ne suit pas ou emporte votre âme vers l'ivresse nocturne, verre sur verres, le suicide inconscient, qu'en sait-on ? On ne le sent presque plus le corps, l'été. A moins qu'il ne vous lâche. Respirer, l'été. Prendre un peu plus de temps lorsque les pensées nous amènent où on ne voudrait pas. Respirer pour l'année entière ! J'ai pensé à tout ça, afin de ne pas pleurer...


Moi, cet été 2012, je me suis endormi sous la chaleur du demandeur d'emploi oublié des administrations (ouf !) mais images-copie-3.jpgpas tout à fait des créanciers (m.....) Abstraction, abstraction des soucis   évacués dans le  temps 2012 fuyant de juillet-août. Parenthèse nerveuse, scènes de la vie conjugale plus supportables, moments pour prendre un bon livre après le journal de 13 heures que je n'aurai pas vu. De l'eau, de l'eau fraîche, et le bonheur simple. Je m'endors, jusqu'à l'été prochain. Peut-être...

 

 

Dominique

 

 


Tag(s) : #Les nouvelles et poèmes de Dominique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :