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gougesIl convient de mettre une majuscule à la date aujourd'hui. Hier, nous étions : le 7 mars, pas de majuscule pour une date ordinaire (je l'ai appris à l'école primaire), mais le 8 Mars est une date anniversaire, désormais historique. Devant cette journée à majuscule, je suis un peu comme Marie Colmant, que j'ai entendue ce matin à la radio. Interrogée sur ce qu'elle pensait du 8 Mars, elle a répondu : "quelle horreur !" Puis elle s'est expliquée : ce jour-là, on arrête de battre les femmes et, le lendemain, on recommence !

Olympe de Gouges
"Féministe avant l'heure", en pleine révolution, elle a rédigé Les Droits de la femme et de la citoyenne, écrit une pièce de théâtre contre l'esclavage des noirs. Son soutien à Louis XVI, entre autres, lui a valu de monter sur l'échaffaud.

C'est assez vrai, cette exclamation de Marie Colmant. Ceci est d'ailleurs valable pour toutes les autres "Journées". L'Ours Castor ajoute qu'il ne faut pas oublier les hommes battus et il a raison aussi. Je m'empresse de préciser qu'à ma connaissance, mon compagnon ursidé n'en fait pas partie (à part un coup de raton laveur en peluche sur le crâne quand il m'énerve trop, mais je me suis déjà exprimée là-dessus ; d'ailleurs, je ne le fais plus). On comprendra donc que je ne balaie pas d'une chiquenaude cette Journée : il ne manquerait plus que cela !

Lorsque nous trinquons ensemble, l'Ours me dit toujours : "A tes dix-huit ans !" Je lui retourne le compliment. Quand je pense que pour être majeure, moi, il m'a fallu attendre encore trois ans ! Après, Papa, sa tâche bienveillante mais sévère accomplie, ne m'a plus jamais rien imposé ; il a même appuyé mes choix dans la vie, souffert en silence quand mes amours allaient mal, mais ... je m'épivarde (joli terme québécois).

Cette Journée commémore tous les combats des femmes pour se faire reconnaître en tant qu'êtres humains pensants, pour ne pas être constamment reléguées au second plan, pour ne pas rester dans l'ombre, pour dépasser le statut de mère de famille au foyer quand ce n'est pas leur tasse de thé, j'en passe et des meilleures. Un jour, à un questionnaire sur le Plum'Art, j'ai répondu que, dans une deuxième  vie, je souhaiterais réapparaître en homme ... pour voir. Je n'ignore pas qu'il peut être difficile d'être un homme aussi.

Mais être libérée de la contrainte physique des vingt-huit jours, des ragnagnas, qui m'ont tant fait souffrir adolescente et à laquelle la pilule contraceptive (avant même de m'être utile en tant que telle) a mis un terme dès qu'elle m'a été prescrite, quelle joie ! Les douleurs terribles de l'accouchement m'ont toujours révoltée tout autant qu'épouvantée : une autre "pénitence" ! (terme religieux : c'est bien la première femme symbolique, Eve, qui s'est entendue dire "tu enfanteras dans la douleur", tout cela pour s'être montrée aventureuse, avide de découverte et de savoir, bravant la colère divine). Tant de douleurs pour un si beau cadeau : un enfant, qu'ensuite on allaite (ou pas), qu'on choie, qu'on protège, qu'on éduque jusqu'à ce qu'il vole de ses propres ailes ... Je ne comprends pas.

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Simone Veil,
le courage d'une femme ... de droite


L'IVG, légalisée en France grâce au courage et à la détermination de Simone Veil, est actuellement remise en question, hélas. Non ! Il ne faut pas ! Pas de retour aux avortements clandestins, qu'on ne voie pas ressurgir inévitablement les faiseuses d'anges et leurs terribles aiguilles à tricoter. Que chaque femme reste libre de son choix, sans être culpabilisée, sans être accusée de meurtre, quand une contraception a échoué, qu'un viol a eu lieu et tant d'autres cas qui trouvent leur justification. Ne pas oublier le Manifeste des 343, signé à une époque où la contraception en était encore à ses balbutiements. 343, ce n'était pas beaucoup, finalement, si on tenait compte de toutes celles qu'elles représentaient dans le monde.

Privilégier partout la contraception, que les femmes et les hommes décident en conscience des meilleures conditions pour accueillir un enfant.

Je ne peux m'inspirer pour ce petit essai du DEUXIEME SEXE de Simone de Beauvoir, je ne l'ai pas lu ... alors que j'ai à peu près tout dévoré d'elle par ailleurs. Mon compagnon, lui, l'a lu, avec difficulté car c'était ardu m'a-t-il dit et il peut m'en parler. Maintenant que l'ouvrage vient d'être traduit en anglais, autant combler ma lacune et entretenir, perfectionner mes connaissances linguistiques !

Je passais pour une excentrique, il y a encore quelques années, quand je serinais souhaiter que les termes de civilité "mademoiselle" et "madame" disparaissent du vocabulaire et qu'il ne reste que "monsieur" pour tout le monde, le prénom étant suffisant pour renseigner sur le sexe. Etait-ce si saugrenu ? On a bien supprimé les photos, l'âge, etc des CV actuels ; après tout, les employeurs ont-ils besoin de voir immédiatement qu'ils ont affaire à un homme ou une femme, ce qui est souvent discriminatoire, avant même de considérer les compétences ?

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Photo de Florence Aubenas.
Je suis en train de terminer son livre :
Le Quai de Ouistreham.

J'aurais pu être dans la rue cet après-midi mais la maladie qui m'a secouée trois mauvaises semaines à la fin de l'an passé, le froid qui dure et mes défenses amoindries, ma fatigue persistante m'en ont dissuadée. Je dois me garder en forme pour mon travail partiel, que je fais avec entrain et plaisir, en regrettant seulement qu'il ne soit pas à plein temps. Même ma nouvelle passion pour l'écriture pâtit de mon état physique, l'inspiration ne m'arrive plus aussi facilement et le sommeil prend souvent le dessus ! J'ai tenu malgré tout à rédiger un petit essai, tout maladroit et incomplet qu'il reste.

Allez, sans trop me pousser : bonne fête, toutes les femmes, et bonne fête tous les êtres vivants !
Oh ! Tiens, je suis pour : la Journée de tous les êtres vivants. Ce jour-là, nul ne se battra, ne se tuera, ne se mangera !

Lenaïg

Note : choix personnel de trois femmes seulement, mais entre celles que j'admire, j'aurais pu aussi ajouter ici Louise Michel et George Sand.
Tag(s) : #Essais
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