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LA BOULE AUX YEUX D’OR

 

 

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frelon.jpgJe suis poursuivi par un frelon géant. M’est avis plutôt que c’est moi qui ai rapetissé : ce n’est pas dans une forêt d’arbres que je cours à perdre haleine, mais bien dans la prairie dont les brins d’herbe sont aussi grands que des colonnes. Le sol est inégal, et c’est au dernier moment que je vois la profonde ornière qui est pour moi comme un ravin insondable. Trop tard ! je tombe emporté par mon élan et je frémis en voyant la flaque boueuse au fond, de la dimension d’un étang nauséabond à mes yeux… Et je me réveille en sueur.


Un peu hagard, je cligne des yeux encore bouffis et je fais un panoramique prudent. Un rai de soleil m’éblouit, j’ai fait la grasse matinée. Je rejette enfin la couverture. Je suis bien dans le bungalow d’été. Le cauchemar m’a déprimé. Je sens que je vais me lever du pied gauche. Je me fais des tartines au beurre et à la confiture de fraise que je mâche mécaniquement. J’ai la flemme de me faire une omelette au jambon. Je pousse chaque bouchée avec du jus de citron ; le mélange a un drôle de goût, mais à la guerre comme à la guerre.


Je contemple mélancoliquement le désordre de célibataire de la pièce. Charlène a obtenu la villa du quartier résidentiel. Nous avons fauté tous les deux, mais son amant lui a trouvé un bien meilleur avocat que le mien, et c’est le bungalow d’été qui m’est échu. Oh, la bicoque ne manque pas d’un certain confort, sinon d’un confort certain, mais il me faudrait effectuer deux bonnes heures de route pour rejoindre mon bureau. Le boss a compati à mon malheur et m’a accordé quelques jours de congés pour me remettre de ma mauvaise passe.

 

garfield.gifToujours en tee-shirt et savate, je vais sortir relever le courrier. Sur la marche du porche, Garfield, le matou de nos voisins retraités, me fixe d’un regard candide. Charlène a l’habitude de le gâter quand nous venons ici ; le matois raminagrobis s’installe alors chez nous pendant toute la durée de notre séjour. Néanmoins, je l’aime bien. Il me suit quand je rentre. Je n’ai pas de relief à lui refiler, alors je lui ouvre une boîte de thon.

 

Je vais faire une promenade matinale sur la plage pour éviter de broyer du noir. J’espère que l’air marin va me faire beaucoup de bien. Garfield me suit comme un bon toutou et il s’amuse à effrayer les crabes. J’ai vidé mon esprit, je me contente de marcher et de contempler l’écume des vagues au loin.


Je regarde amusé Garfield acculer un crabe du côté de l’eau, quand mon regard est attiré par l’éclat brillant d’un objet découvert par le reflux. Est-ce une canette de bière abandonnée par quelque indélicat irrespectueux de l’environnement ? Non, c’est un bout de calotte métallique qui émerge du sable. Curieux, je m’approche et je creuse pour dégager l’objet.

 

C’est une petite boule métallique, de la taille d’une boule à neige de verre, tellement poli et lisse que je peux m’y mirer. Malgré l’inévitable frottement du sable, je ne décèle aucune rayure. Étrange matière. La boule n’est pas lourde et je peux éliminer l’acier ; elle n’a pas l’éclat un peu terne de l’aluminium. Je me demande ce qu’est ce métal. En la tournant, je constate deux ronds dorés de part et d’autre d’un trait épais légèrement en relief, et en souriant, je ne peux m’empêcher de penser à un visage stylisé avec ses yeux et son nez.


smiley-heureux-tuto.jpgCet étrange objet a-t-il été amené par les vagues ? Pourtant il ne flotte pas. Je ne pense pas qu’un courant de fond ait pu le faire rouler jusqu’à la grève. Quelqu’un l’a-t-il perdu ici ? C’est peu probable, ce truc n’est pas une bille qu’on peut perdre facilement. Alors, d’où vient-il ? Je décrète que j’ai terminé ma promenade et je reviens avec la boule au bungalow, Garfield sur les talons.

 

La femme de ménage que j’ai embauchée hier est en train de ranger les provisions. Je vais me réfugier dans la bibliothèque pour examiner à loisir ma trouvaille. En examinant à la loupe le métal, je ne décèle aucune rayure. C’est de la haute technologie. Enfin je finis par détecter une très fine ligne qui court sur sa circonférence. Je me disais aussi que ce truc devait s’ouvrir car je le pense creux, compte tenu de sa relative légèreté. Je secoue la boule, mais je n’entends ni ne ressens aucun bruit ni mouvement. À quoi peut bien servir cet objet ?

 

Je prends un canif et j’essaie de rayer le métal. Chiotte ! La lame a glissé et a entaillé mon pouce. En pestant, je le suce instinctivement. J’examine la boule, aucune éraflure. J’ai l’intention de prélever un minuscule éclat de ce métal. J’ai des amis ingénieurs qui pourraient l’analyser, mais je ne tiens pas à me séparer de cette boule, des fois qu’on ne me le rendrait pas. Je descends à l’atelier de bricolage du sous-sol.

 

8424567-emoticone-astronauteNi la fraiseuse, ni la perceuse n’ont pu entamer ce satané métal. Je ne suis pas ingénieur ne même métallurgiste, mais je n’ai pas connaissance d’un tel alliage. Se pourrait-il que ce bidule soit tombé d’un satellite ou d’une navette spatiale ? Si j’étais un citoyen modèle, j’aurais confié la boule aux autorités. Mais une pulsion irrépressible me commande de la garder, alors que rationnellement, je ne sais qu’en faire. Un bibelot ? Je place la boule sur ma table de chevet et je l’y oublie pour la journée.

 

 

A suivre

 

 

RAHAR

 

 

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Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
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