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le nom de la rose 1986 reference 

 

 

Pas de panique ! Déjà je vois se profiler, se faufiler l'ombre d'une robe de bure marron, gros cordon en ceinture, spartiates et vaste capuchon rabattu sur le visage ; une silhouette qui se fond presque dans le crépuscule. Si elle rase les murs, il y a anguille sous roche (tiens, Marc, un autre dicton, à creuser, un jour ?).
Pourquoi ne veut-elle pas se faire repérer, cette silhouette ? Parce que ses desseins ne sont pas clairs ni bien intentionnés ? Me voici transportée dans le monastère du Nom de la Rose, livre puis film magnifiques, au temps de l'Inquisition. Certains moines y ont trahi leur habit et n'ont pas hésité à commettre des meurtres ...

Mais d'autres moines se hâtent aussi, vers la chapelle, pour ne pas manquer les matines, les vêpres, les messes, à toute heure du jour et de la nuit, ou presque !
La robe de bure est donc habitée parfois par des êtres tourmentés, mauvais, démoniaques mais, le plus souvent, par des hommes exemplaires, tournés vers le Ciel et qui prient avec ferveur pour le salut de l'humanité. N'oublions pas des moines actifs, remuants, comme Frère Jean des Entommeurs (Rabelais), ou Frère Tuck qui participa à la rebellion de Robin des Bois. D'autres encore ont été des créateurs d'elixirs, de chartreuses ... 

PLOP ! Voilà que l'image des moines disparaît et que me vient la vision d'un rassemblement de pingouins paradant, non pas sur la banquise (leur vrai nom français, à ceux-là, c'est : manchots ... non ?) mais dans une réception classieuse, sous de riches lustres et lambris ... Fière allure, ces costards noirs et ces noeuds pap' !
Un coup à ne pas reconnaître ceux qui les ont portés quand ils émergent le lendemain matin, en peignoir usé (par exemple), cheveux en bataille et se grattant la barbe repoussée, teint brouillé peut-être par une migraine d'après fête, une possible gueule de bois ... ou en survêtement et bonnet, courant, pédalant !
Au fond, les hommes seraient tous beaux à voir, dans leurs costards noirs, même les pires crapules ...

Pour porter un tel habit, même de location, il faut avoir du fric et vouloir en gagner toujours plus. Enfin, c'est une idée en passant, comme ça.
Et nous restons ainsi dans l'apparence. S'habiller riche et afficher des marques de manière ostentatoire satisfait ceux qui se ressemblent et qui mesurent leurs capacités respectives de porte-monnaie bien rempli et de ... pouvoir. Ceux qui n'ont pas les mêmes valeurs s'en fichent de cela comme de leur première chemise. Ils prouvent leur efficacité quelle que soit leur tenue vestimentaire. Serge Gainsbourg, lui, cultivait, par moments, son aspect négligé, très recherché !

Tout le monde n'est pas Serge Gainsbourg, ni ... qui ? disons : un chercheur scientifique, réfractaire au "système", ou passionné par son sujet plutôt que par son apparence physique. Il arrive alors que l'habit fasse le moine pour le commun des mortels, qui doit -très fréquemment par les temps qui courent- se présenter à un nouvel emploi : quasi obligation de mettre une veste pour tous (hommes et femmes), histoire de faire bonne impression ! Dans ce cas, l'habit ne fait le moine qu'en partie ! L'entretien, les tests, la mise en situation feront fi du bel habit ! 

N'empêche, pour les femmes (regardons de leur côté maintenant), une nouvelle robe seyante, un pantalon et un haut tout beaux, assortis d'un passage chez le coiffeur, voilà des éléments qui nous dopent et, pour peu que les compliments pleuvent, nous nous sentons rajeunies, plus dynamiques. Non ?

Alors, après cette intense cogitation, que vais-je en conclure ? Bon sang, c'est vrai, il me faut une conclusion, mon texte est déjà long !
Oups, je n'ai pas mentionné les naturistes. Ils existent ! Eux, ils refusent que l'habit fasse le moine ! Au moins, pour eux, c'est clair !
Pour moi ? Ben, certains habits font de nous de drôles de moines, on ne sait jamais quel moine se cache sous son habit et les habits qui nous vont nous mettent en valeur, sans qu'il soit nécessaire de porter l'habit. 

Être propre sur soi et pouvoir se regarder dans la glace sans honte ni remords de ses actes ou de son inertie, en tirant sur le dicton comme un élastique, permet de déclarer qu'on est un bon moine, qui mérite son habit !
OUF ! C'est fini ... pour aujourd'hui.

 

Lenaïg,

en mode "essai", après Marie-Louve, pour le jeu des proverbes de Marc Varin (forum Plumes au vent).

  

Illustration : photo du film Le Nom de la rose, à partir du roman d'Umberto Eco,

Sean Connery en moine détective.

 

 

Tag(s) : #Essais
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