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Le saule pleureur du voisin occupe une place dorée

dans mes souvenirs d’enfance.

 

  Weeping-Willow-and-Water-Lily-Pond-2.jpg

 


Ses guirlandes de feuilles vertes formaient un épais rideau qui s’ouvrait sur un refuge ombragé. En écartant les feuilles, on apercevait le tronc, la structure des branches déployées dans le ciel. Je grimpais d’une à l’autre comme dans une échelle déjantée, sans filet ni peur.

Installé le plus haut possible, je savourais une perspective inédite, entouré de verts et d’odeurs végétales.

Sans doute ces douces escalades gravées dans le bois de ma mémoire ont-ils rendu attrayant à mes yeux ce lieu de divertissement connu sous le nom D’Arbre en arbre à Sutton.


J’y ai invité mon petit-fils au début de l’été sans vraiment avoir pris conscience de ce qui m’attendait.

J’imaginais une balade sympathique sur des passerelles accrochées aux cimes verdoyantes. Je me suis retrouvé sur une passerelle, oui, mais toute branlante avec des planches de travers et d’autres manquantes. Avec le harnais qu’on nous a demandé d’enfiler à l’arrivée, j’aurais dû me douter que l’excursion poserait quelques défis physiques.


Et maintenant des billots qui se balancent d’avant en arrière quand on met le pied dessus. Les bras en l’air, les mains enserrant et relâchant alternativement deux câbles d’acier, j’avance lentement sur ces surfaces arrondies en me dandinant. Des muscles au chômage depuis des années rechignent au travail forcé que je leur impose. Retenu par le harnais, je ne risque pas d’atteindre le sol quelques mètres plus bas si je lâche prise, c’est déjà ça de pris.


Les pieds posés sur une barre identique à celle accrochée dans les cages à perruches, j’essaie de contrôler l’effet de balancier. Le défi se corse. Deux paires d’anneaux capables de se mouvoir dans toutes les directions me séparent de la plateforme à atteindre. «Grand-père, c’est plus difficile pour moi, j’ai des plus petites jambes !», m’encourage mon petit-fils devant. J’allonge la jambe pour attraper un anneau. Il se sauve avec mon pied. Je ramène le dit pied sur le perchoir. Nouvel essai. Je finis par me stabiliser dans les deux étriers.


Le plus grand défi se présente sous la forme d’une corde genre liane de Tarzan qui nous balance très loin dans un treillis. «Je le fais si tu le fais grand-père.» Je n’étais pas pour priver mon petit-fils de ce plaisir.

La partie la plus amusante du parcours était sans contredit les tyroliennes qui nous faisaient filer à l’horizontale sous un fil d’acier comme James Bond.


Mais le grand bonheur de cette journée c’est de l’avoir partagée avec mon petit-fils qui en gardera, j’en suis sûr, un souvenir indélébile.

 

 

 

Michel Thibault

Rédacteur en chef du journal

Le Soleil de Chateauguay,

Québec

clic !

 

 

 

Illustrations :

saule pleureur de Claude Monet.

 

 

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Et article du journal Le Télégramme :

Accrobranches. Les branchés de la grimpette,

que nous venons de découvrir ce matin

dans l'édition sur papier !

Joyeuse coincidence !

Photo de l'article cueillie sur www.letelegramme.com.

Lors d'une balade à pied en compagnie de ma cousine MCL et des chiens, en juin, j'ai eu l'occasion d'apprécier, d'en bas, le parcours du "combattant" (!) proposé dans le Bois de Kéroual.

 

 

 

Tag(s) : #Les billets-éditoriaux de Michel Thibault
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