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2011 rue Barré, No 23 A   

 

L’escapade de Courtecuisse et Cunégonde

 

 

6a00d83451f54369e201156f449c6c970c-640wi.jpgLes jalouseries de Courtecuisse plaisaient au boutte à Cunégonde. Poissard avait ben beau être son meilleur ami, mais il avait dépassé les bornes en dépoitraillant sa Cunégonde et ses vertus pour capturer un bébé singe en fugue de sa mère.

 

Pendant que le baron pompeux romançait son expédition à Thoiry, froissé dans son orgueil d’homme, notre champion des boules, ajusta son pantacourt bleu royal et du haut de son mètre vingt-cinq, ordonna à sa dulcinée de se laisser choir dans ses bras. Ce qu’elle fit en retenant son corsage qui ne cachait rien.  

 

-         Flyons d’icitte au plus sacrant, lui susurra t’elle. Ch’us pus capab’ d’y entendre le mâche-patate aller. C’t’un moyen merle c’ui- là ! Y’é tu t’aux z’ouéseaux ou quoi ? Mouve !  J’te suis.

 

Nos deux tourtereaux, sur leurs pieds retombés, coururent jusqu’à la route principale. Rapidement, ils trouvèrent un taxi pour les conduire à Paris. Cette journée passée avec toutes sortes de bêtes jungiennes les avait assoiffés d’un désir primal.  Il leur fallait un petit remontant et un espace pour étendre leurs amours ailleurs qu’embastillés dans une caravane devant une jungle en délire. La crise de nerf de la grosse libellule transformée en Pitbull de combat mit un point à leur patience et le bouquet : l’affront de son ami Poissard pour sauver la guenon d’une guenon. 

 

Étirant la jambe, Courtecuisse grimpa sur la banquette arrière pour rejoindre la Québécoise fatale qui d’un battement de cil, lui laissait entrevoir le septième ciel d’un coup de baguette magique contenue dans sa poche. Il eut honte un peu. En rougissant, il indiqua leur direction au conducteur :

 

-     Hôtel Tonic du Louvre, Paris ! Faites vite, on a soif, n’est-ce pas ma rose mignonne ?

 

 «  T’es ben blodde mon gros lapin ! Viens là que je t’fasse un french kiss short and sweet assez pour te shaker le squelette. C’te gang bande de fous va me rendre folle. Mais moé, c’é de toé que j’veux. Y nous rest’ u de l’Amarula ? Tu m’aimes-tu Courtecuisse ? »

 

-         J’t’aime comme un fou Cunégonde. J’t’ai mariée pour le meilleur jusqu’à ton départ. Je me ferais teindre en roux si tu me le demandais. N’entends-tu pas le tambour de mon cœur ?

 

C’est sur ce ton  bon enfant que la route les menant jusqu’à l’Hôtel Tonic se fit. Arrivé devant le Tonic du Louvre, il paya la course sans se priver de crier au voleur quand le chauffeur lui indiqua la somme à débourser.

 

-         Voleur de grand chemin. C’est une honte à la France ! Ta bagnole, ce n’est quand même pas le carrosse de Catherine de Russie. Ah, la vache ! Viens Cunégonde, le petit bar est ouvert.

 

Avant de descendre du taxi, Cunégonde s’organisa pour que son parapluie s’enfonce  accidentellement dans les côtes du chauffeur qui en perdit le souffle. Le laissant seul, elle claqua la portière de la voiture et rejoignit son héros aux portes du bar Tonic.  

 

Après avoir vidé deux bouteilles de champagne, leur soif inextinguible enfin apaisée de quelque peu, ils louèrent une chambre. Prétextant qu’ils étaient en voyage de noces, ils reçurent un forfait avantageux. Une suite nuptiale pour le prix d’une piaule à trois sous.

 

Fraîche-pette, juchée sur ses mules à pompons, ses crinolines balançant de droite à gauche et son corsage remplumé, altière, Cunégonde traversa les grands corridors qui les menaient à leur château. Ne possédant aucun bagage, Courtecuisse n’eut pas à payer le porteur.

 

Ils ouvrirent la porte qui leur offrit une vue digne des contes des mille et une nuits. Dans un geste de noblesse oblige,  notre grande dame ouvrit son gros sac à main sous les yeux de Courtecuisse qui s’écria,

 

- Bonne Mère la Cunégonde, y’a la cave au complet qui tient là-dedans !

 

-         Mon Bichou, j’ignore comment ces Romanée Conti 1992 et ces Clos de Tart 2008 se sont échappés dans mon sac !  Pareil pour la guenon. Inexplicable. Assez de parlotage ! Fais-moé donc la gigue de l’ours, j’ai les gigots qui démanchent. Pis fas pas assemblant, fas moé plaisir longtemps. 

 

Ici, je ferme les volets  sous peine d’excommunication. Vous décrire les folles amours de ces deux amants démesurés ferait baisser les yeux des dieux. Ma plume se refuse de raconter davantage. Courtecuisse n’oubliera jamais les plaisirs d’une femme fontaine sous son corps.

 

Pendant ce temps, la gang bande cherchait désespérément les deux égarés. Les gendarmes de Thoiry ratissaient les environs, mais personne ne pouvait expliquer leur mystérieuse disparition. Poissard craignait pour la vie de son meilleur ami, l’intrépide Courtecuisse. Djosette minaudait autour du baron. Quant à elle, Cunégonde pouvait bien être demeurée au zoo dans les bras de King Kong. Connaissant Cunégonde, King Kong serait le premier en danger. Le bon monsieur Poissard réunit toute la bande et annonça ses intentions et son plan pour retrouver leurs précieux amis. La France ne restera pas les bras croisés quand une cousine québécoise risquait peut-être sa vie en terre française.

 

-         Mes amis, l’heure est grave ! Mon intuition m’oblige à suivre mon instinct ou vice et versa. Demain aux aurores, nous irons jusqu’à Paris. Là, nous formerons des équipes de sauvetage. Pour l’instant, je propose que tous aillent se reposer afin d’être frais et dispos pour la grande corvée qui nous attend.

 

Madame Poissard  hurla,

 

mona_lisa_921055.jpg« Haye Poissard ! Pas question de fermer boutique demain. C’est pas Courtecuisse qui va payer la banque à la fin du mois. C’est Bibi ! »

 

-         Mon papillon d’amour, ma libellule de turbulence adorée, pour une fois, laisse-moi faire ! Les boys de l’équipe des joueurs de pétanque ne me le pardonneraient jamais.

 

-         Marché conclu ! Je garde le bon docteur avec moi pour m’aider au service à la clientèle.

 

Le lendemain matin, Poissard conduisait la caravane vers Paris  avec tout son monde à bord. Un silence de plomb meublait l’espace. Pour faire diversion, il alluma la radio. Vers onze heures, un journaliste en ondes racontait qu’une terroriste venue d’un pays étranger s’était emparée du sourire de la Joconde au musée du Louvre. L’arrestation de la criminelle venait de prendre fin. Le directeur du Louvre se disait satisfait du travail des gendarmes qui avaient mis  la voleuse au violon. Mais la grande question était comment réparer l'horreur commise ? La mutilation du sourire de la Joconde ! Comment recoudre la toile à jamais esquintée ? Pourquoi avoir découpé ce sourire inexplicable ?

 

Marie Louve  

 


Illustrations :

La Joconde façon Simpsons : clic !

Mona Lisa Toon pool : clic !

 


Tag(s) : #Fantaisie et sérieux chez Marie-Louve
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