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Sauvetage à bord du TGV

 

 

Dubout1Au Moulin Rouge, Djozette assistait sans mot dire à la scène entre Cunégonde et Madame Poissard au sujet de Courtecuisse,. Elle se demandait comment il se faisait que Cunégonde n’avait pas assez d’un poulet pour garnir son lit sans en plus y héberger un nain, court de cuisse vêtu. Excédée de les entendre se jeter des insultes en pleine face, elle dit : « Mais enfin Cunégonde, tu peux ramener le  p’tit monsieur dans ta grosse sacoche à Montréal. Tu peux même en rentrer facilement deux ou trois. »

 

Quand il y eut une autre escarmouche dans le TGV entre la femme de Monsieur Poissard et Cunégonde. Djozette s’éclipsa du compartiment 43 pour aller au resto bar dans l’idée de manger un croque monsieur. Sucedebout qui était là avec sa chaudière d’eau pour désenfler son pied, lui dit qu’elle avait commandé le dernier. Elle lui suggéra la tarte au citron et se mit à rire de sa farce. Elle riait tant qu’elle échappa son croque-monsieur sur le pied de la Tremblante, qui passait devant elles, assez pressée, pour aller pisser. Djozette haussa les épaules et commanda un banana split mais le gars derrière le bar lui dit qu’il était allergique au serin et que le tendre bar était fermé, mais juste pour elle. Elle leva les yeux au plafond en signe de « Je m’en sacre ben de ce que tu penses le fife ». Elle vit alors Darling et Monsieur P de la C de la B venir vers elle. Darling lui fit signe de dégager mais Djozette lui jeta un regard signifiant qu’elle ne bougerait pas de là. « Barre toi d’ici que j’te dis » chuchota entre ses dents, Darling. En sortant une mèche de cheveux emprisonnée dans son petit chapeau jaune, Djozette la tassa de deux ou trois centimètres et s’adressa à son sauveur, monsieur P de la C de la B :

 

-    Pourquoi mettez-vous un plaster blanc sur votre moustache ?

-    Qu’est-ce-à dire ??? Oh ! Je comprends. Ce que vous voyez là n’est pas un plaster mais c’est un sparadrap temporaire pour cacher le résultat de la tonte de ma moustache. Dites un seul mot et je l’arrache. (Il s’exécuta aussitôt sans attendre sa réponse).

-    Ben oui, vous êtes bronzé partout mais pas sous votre nez ni au-dessus de votre babine d’en haut.

-    J’ai rasé ma moustache pour vous plaire.

 

visu-tgv-table-bar-et-cloison.jpg

 

La Tremblante revenait de la toilette mouillé des pieds au tronc en marchant la tête entre les jambes pour ne pas se faire remarquer.

 

Darling tourna Djozette face au paysage qui défilait et causa à nouveau avec le directeur de la télé de France.

 

-    Ne vous en faites pas cher compatriote. Je connais un studio de bronzage où ils feront de vous un homme bronzé tout partout. Les girls vous recevront les bras grands ouverts.

 

Ce dernier ne l’écoutait pas et lui dit tout de go en regardant Djozette :

 

Ah ! Je l’adore. Cette femme est la plume qui dilate ma rate et remplit mon foie gras. Elle est le tic-tac de mon cœur qui bat la chamade. Oui vraiment, elle a de la classe.

 

Voyant arriver monsieur Poissard, Djozette les laissa en plan et prit place sur la banquette face à lui afin de jaser pour mieux le connaître. Il lui sourit en regardant l’heure et en jetant un coup d’œil à la porte, de crainte TGV - image-001,9,001,3460-interieur-tgvde voir apparaître sa moitié. Djozette en profita pour enlever ses souliers jaunes afin de se dégourdir les orteils et se gratter les pieds en les frottant sur monsieur Poissard, croyant que c’était la patte de la tablette qui les séparait tous les deux. Il fut confus de son audace, croyant qu’elle savait qu’elle se frottait sur lui. Il ne put que bégayer en annonçant qu’on entrait en gare de Lyon.

 

En retournant dans le compartiment, ils entendirent Cunégonde s’exclamer : « Oh, my God », deux ou trois fois, suivi de jurons français bien parlants venant du quai du lion.

 

Ils s’approchèrent et virent Frappe-qu’un-coup les deux fesses sur le trottoir de la gare, essayant de se remettre sur pieds pour remonter dans le wagon par la fenêtre. Les autres étaient impressionnés qu’il ait réussi à sauter du train du premier coup. Madame Poissard devint bouche bée quand elle vit le bon docteur s’affoler pour Cunégonde qui était dans tous ses états. Jamais un homme ne s’était suicidé pour elle, comme elle crut que cet idiot de Frappe-qu’un-coup le faisait pour cette poufiasse de Cunégonde. Même le bon docteur n’avait jamais menacé de se tuer pour TGV - 1578442 11388538-zz-sncf-20120126-m141aelle. Elle crut que son règne était du passé.

 

Coupatrèfle se saisit du parapluie de Cunégonde et le lança par la fenêtre sur un homme qui se plia en deux lors de la réception. Sucedebout le pied dans la chaudière dont elle ne se séparait plus, s’alarmait en répétant : « Au feu !. Au feu ! » Et Courtecuisse de répondre : « Tout l’monde tout nu ». Chaude-Oreille rétorquait : « Certes ! Certes ». Les autres étaient sur le qui vive.

 

« Ça pas d’allure de le laisser jammé là », dit Djosette à Cunégonde. « Faut faire quèque chose. Enweille la Poulette, nous et monsieur Poissard, on va l’ermonter toutes les trois dans le 43. Encouragez-nous les cousins ».

 

Les Québécoises s’emparèrent chacune d’une foufoune de Frappe-qu’un-coup, pendant que monsieur Poissard imitait un fauteuil en touchant chacun de ses coudes avec la main contraire de ses bras afin de le repasser par la fenêtre.

 

« Ho Hisse ! Ho Hisse ! », disaient les amis tous en chœur.

 

« Et hop en l’air », répondaient à chaque fois Cunégonde, Djozette et monsieur Poissard. Quand enfin le mari de madame Poissard réussit à passer Frappe-qu’un-coup par la fenêtre du train, on annonçait son départ pour Montpellier. Le gros TGV siffla et les portes se refermèrent sans attendre les retardaires. Il était plus que temps.

 

Di

 

À suivre …

 

 

TGV - 141-R et TGV Montereau mai 1987

 

 

Photos du net.

 

 

Tag(s) : #L'énergie de Di est dans sa plume aussi !
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