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Roman jeu multiplume par courriels.
Note : les adresses email fantaisistes de nos héros étant prises pour des vraies et se retrouvant obstinément toutes regroupées en bas de page, il a été nécessaire de recourir à un stratagème, qui vaut ce qu'il vaut !
Le signe @ est remplacé par : chez !
***



Un immeuble, sis au 101 Rue de la Mazurka.
Une ville imaginaire : Santa Patata.
Un pays inventé : Miroboland, frontière commune et nombreux liens avec la France.
***


 Le 27 juin 2009

 

 

Au troisième étage, à droite en sortant de l'ascenseur : Wilfrid, l'oncle de Charlotte

Auteur : Mona.

 

De Wilfrid2chezhotmail.com
A Homère.Dalorschezouksai.fr
Objet : Qu'est-ce que tu fous ?

 

Homère ! Dix ans que tu as disparu sans un au revoir, toi mon bras droit invincible, l’admirable gestionnaire que je vénérais presque, moi, Wilfrid, le requin en affaires qui venait de se découvrir un alter ego, toi le fils que je n’ai jamais eu, avec qui j’ai partagé mes bénéfices mirifiques sans arrière pensées ! A propos, j’espère que tu les as planqués comme moi aux îles Caïmans.
Pourquoi, pourquoi m’as-tu lâché ? Je ne t’ai jamais rien refusé. Tu as eu les call-girls de luxe les plus affriolantes (rappelle toi, je te laissais choisir le premier), les plus fascinantes, les plus époustouflantes… là j’arrête, ma tension grimpe dangereusement. Pfffff ça va mieux. Tu as vécu dans des palaces, eu des Mercedes et j’en passe…

D’accord, je n’ai jamais su montrer mon affection. « Il grogne mais ne mord pas » répétait ma soeurette fofolle. HA HA HA ! SI, Si, SI je mords, ah ça oui, la VIE à belles dents ! J’ai joui de tous les plaisirs jusqu’à ces derniers temps où j’ai eu une attaque cardiaque et la goutte. « Nourriture trop riche » a dit le docteur. Trop d’acide urique. Faut éliminer ! » J’ai failli étouffer de rire. Éliminer ! Mon métier ! Je l’éliminerais bien, ce guignol ! Il m’a mis au REGIME ! Je suis obligé d’utiliser le net pour me faire livrer ce que j’aime quand Charlotte est au travail. J’ai découvert le « hambure guerre » un truc pas mauvais. C’est ma nièce qui s’occupe de moi. Besoin d’elle. Je lui lèguerai ma fortune. Sympa mais niaise à pleurer. Faut tout supporter quand on devient vieux ! Mais je fais semblant d’avoir des attaques pour rencontrer une infirmière belle, bellissima !

Passons. Mon petit, mon trésor, pour moi tu étais un roi, et j’ai sué sang et eau et dépensé sans compter pour retrouver ta trace. Tu me dois des explications. Au secours, je me meurs, reviens fiston ! Les larmes inondent mon clavier !!!!

 

De Homère Dalorschezouksai. Fr
A Wilfrid2chezhotmail.com

Objet : ben euh

 

Ma doué, TOI ! Si j’ai pensé à toi ? Oui souvent… Mais je savais que tu n’aurais pas compris, pas approuvé mon choix et connaissant ton caractère, euh, fort, c’était imprudent, téméraire même de t’en parler. Tu étais toujours armé, je te le rappelle.

Un jour je me suis réveillé, un homme neuf, en pleine crise existentielle. Tu as quarante ans, me suis-je dit, et qu’as-tu fait de ta vie ? vaine, superficielle, sang oui, sans sens, sûr. Le vertige m’a pris. J’en avais soudain marre du luxe, je haïssais le caviar, le polo, les manières affectées, les sourires intéressés. Je voulais découvrir une vie simple que je n’avais jamais vraiment connue, la nature, vivre un idéal d’amour et d’eau fraîche.

Alors j’ai donné presque toute ma fortune à la recherche contre la grippe porcine,(eh oui, on en parlait déjà et j’avais compris que ce virus, mine de rien, irait loin!) et suis parti m’installer comme berger au centre des Montagnes d’ Arrée, en Bretagne, là où il pleut toujours. La vie étant très rude en ces contrées, j’avoue avoir de plus en plus souvent rêvé de jacuzzi, de caviar même. Ma douce compagne, la belle Anita, ton ex femme de chambre à New york est devenue amère et a fini par me quitter. Me voila seul avec un gros vague à l’âme.

D’ailleurs je commençais à penser au suicide, le moyen le plus simple étant de me présenter devant toi ainsi et me laisser étrangler sans protester. Mais comment payer le billet d’avion ?

Sans femme je m’étiole, je n’ai plus goût à rien de rien. Marre de boire du lait caillé, de la verdure (quelle couleur écoeurante, ce vert, comme ver de terre beurk), des vaches aux fesses crottées avec leur regard vide mais vide!

Pardonne moi Wilfridounet ! Sans femme je ne suis rien. J’ai même commencé par mégarde à faire de l’œil à la nonagénaire de la ferme qui me couve d’un œil égrillard à présent. NON.


Crise cardiaque de Wilfrid.
***


Adressé (entre autres) au journal de Noëlle Nozvad, journaliste, au deuxième étage en sortant de l'ascenseur.

Auteur : Lenaïg.


De : Miroboland-nouvelleschezagencedepresse.mi
Env. : 27/06/09 08:49:09
A : redactionchezlagazette.com ; redactionchezscandales.mi ; redactionchezactualites.mi ; redactionchezlornithorynquelibre.mi ; redactionchezlemerlan.mi

Sujet : Mécène Wilfrid sauvé in extremis


L’alerte est passée ; nous apprenons que Wilfrid Ohne Toutédantou vient de faire un nouveau malaise dans sa résidence cossue du centre ville et que c’est un habitant de l’immeuble, qui tient à garder l’anonymat, alerté par des cris et des allées et venues précipitées dans les escaliers, qui est intervenu pour lui sauver la vie. Non, cette fois, son coeur n’avait rien, l’honorable Wilfrid s’était évanoui, sous l’effet du surmenage, ayant voulu continuer son travail avec la frénésie qu’on lui connaît bien. Prompt rétablissement au grand homme, à qui nous ne saurions trop conseiller de mettre la pédale douce ...
Monsieur Ohne Toutédantou est bien connu pour sa contribution financière à moult manifestations culturelles et festives de par le monde.

***

 

 

Messages du 28 février 2009 interceptés par le hacker anonyme, qui permettent de faire connaissance avec Luigi Paper, le chevalier servant de Lolita Delrosio, au troisième étage à gauche en sortant de l'ascenseur.

Auteur : Om Salma.

 

De C-luigi-Paperchezhotmail.com
A : Fabrizchezgmail.com
date : 28.02.2009
objet : visite imprévue.

salut grand frère
T’es surpris ? Eh oui c’est bien moi - ton ptit frèro, le bon à rien comme disait la mama, le ptit loubard de bétails comme disait mon papa - alors ça t’revient ou t’es encore sous le choc ? t’as mille raison… ça fait bien 15 ans peut être plus que vous n’avez plus d’nouvelles de moi - je sais … je sais que vous m’avez cherché partout - mais comprends-moi grand frère le raté de la famille avait besoin d’aller voir ailleurs, de respirer de l’air frais - je n’pouvais plus supporter de voir les gens vivre et de rester spectateur - suis pas comme toi - moi… j’ai besoin de voir du monde, j’ai besoin d’avoir du fric plein les poches - j’ai besoin de vivre… et pour vivre, il me fallait changer de cap… et si j’étais resté avec vous, je serais mort à l’heure qu’il est - ne voir que les murs délabrés de chez nous ou plutôt des bagnes m’aurait étouffer - tout plaquer c’était pour moi, le seul moyen pour ne pas sombrer dans la dépression - pour ne pas commettre de crimes - crois-moi grand frère, avant de faire mes valises j’étais sur le point de me mettre la corde au cou et ça je sais que la mama n’aurait pas supporter - j’voulais pas vous faire du mal et surtout pas à la mama. Dis-lui que je l’aime plus que tout. Dis-le lui stp - Dis-le lui…. Dis-lui aussi qu’elle me manque tant, comme vous tous d’ailleurs - dis-lui que des fois je rêve qu’elle me couve de ses bras, qu’elle me berce comme quand j’étais petit- dis-lui que je suis désolé de lui avoir causé autant de mal - Je sais pour papa, j’ai appris qu’il avait trop souffert … Ah si je l’avais su plus tôt, je n’sais pas ce que j’aurais fait pour le maintenir en vie - et ceci me conforte encore plus aujourd’hui dans mon idée que sans le sou, on est rien … que de la merde… qu’on laisse mourir quelqu’un parce qu’il n’a pas de quoi payer … ça…. je ne peux le supporter - qu’on refuse les soins aux pauvres c’est vraiment de la foutaise et ces cons méritent d’être fusillé - Dommage… dommage de ne l’avoir pas appris plus tôt et crois-moi grand frère que dans ma solitude, je l’ai pleuré comme un enfant. J’aurais tant aimé le voir une dernière fois, poser un dernier baiser sur son front refroidi et lui demander pardon… pardon pour tout le mal que je lui ai fait.
mais avant de te quitter grand frère je veux que tu saches et ça je veux que tu le transmettes « texto » à la mama : je n’ai fait que suivre ma destinée. Mon dernier passage au dernier pénitencier était pour quelque chose dans ma décision - c’est là-bas que j’ai appris que le banditisme se monnaye plus cher ailleurs que chez nous.
embrasse la mama et donne-moi de vos nouvelles.
C-Luigi

 


De Fabrizchezgmail.com
A : C-luigi-Paperchezhotmail.com
Date : 28.02.2009
Objet : Pour une surprise, c’est une surprise.

De surprise en surprise mais très content tout de même - dis-moi ptit frère : comment t’as fait pour avoir mon adresse ? et pourquoi Luigi Paper ? De nouveaux papiers, une nouvelle identité ? et si c’est ça, c’est que t’as pas changé de vocation, je suppose - tu continues à mener ta petite vie de mafieux et ne crois surtout pas que j’ai les mafieux en horreur moi je t’aime comme tu es et je sais pertinemment que tu es tendre sous ta carrure de violent et je sais aussi que tu es plus sensible qu’une libellule même si tu essaies de montrer le contraire - je sais ce que tu caches au fond de toi , les autres peut-être pas… moi si…. Tu as voulu toujours paraître plus pourri que les autres, alors que tu ne demandes qu’à être aimé. Dis-moi Luigi (puisque c’est ton choix) - raconte-moi ta vie - raconte-moi tes emmerdes - tu en as eus sûrement. Compte-tu venir nous voir ? la mama ne rêve que de ça et nous tous d’ailleurs - reviens à la maison ptit frère- viens voir tes neveux , que j’te présente leur mère - reviens ptit frère, reviens vite…. tout le monde t’attend.
Je t’embrasse fort et la mama aussi.

*** 

 

Tag(s) : #Roman multiplume (Lgdm)
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