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Les pompiers, Victoria, prose puis haïkus
Les pompiers, Victoria, prose puis haïkus

J’avais dans un premier temps condensé cette anecdote en haïku mais comme Hélène m’a suggéré de la transcrire en prose si je le désirais, je me lance.

Ah, c’est un souvenir qui remonte à loin, mais que je ne suis pas prête d’oublier tant j’ai ri après coup.

A l’époque, je résidais à Argentat, une très jolie petite ville corrézienne.

Nous étions en fin d’année scolaire et j’avais prévu d’amener ma classe de CM2 à la piscine. Le maître-nageur nous avait informés que nous pouvions y passer l’après-midi entier car les créneaux horaires étaient libres. En effet, les collégiens et lycéens en période d’examen avaient fini les cours et les classes primaires pouvaient donc profiter de l’aubaine.

Comme la température était écrasante ce jour-là, j’avais prévu une longue séance de baignade suivie d’un petit goûter à l’ombre des arbres, dans le parc qui longeait la piscine et le stade.

Ma collègue de CM1 qui m’accompagnait habituellement décida de rester à l’école ce jour-là car nous étions à deux jours de la fête de fin d’année et elle voulait encore faire répéter sa classe.

Les autres enseignantes tenant le même discours, je partis donc seule. Je considérais que mes élèves connaissaient parfaitement leurs danses et qu’ils seraient mieux dans l’eau que souffrant de la chaleur dans les bâtiments surchauffés.

Nous avions les deux bassins à disposition et les enfants s’en donnèrent à cœur joie, sautant, criant, nageant, s’éclaboussant à qui mieux mieux.

Comme l’heure tournait, je décidais de rappeler « mon cheptel » afin de se rhabiller et de rejoindre notre point de pique-nique.

J’attendais déjà prête devant les vestiaires. Bientôt, une fillette puis deux puis trois sortirent. Une bonne partie était présente mais toujours pas les garçons. Je commençais à m’impatienter. Un long moment s’était écoulé et toujours personne. Nous allions être obligés de rentrer sans avoir eu le temps de prendre notre petite collation. J’imaginais qu’ils devaient être en train de s’amuser et pas du tout de se dépêcher.

Alors, plutôt énervée, j’ouvre à toute volée la porte du vestiaire qui leur est réservé en criant : « Mais vous vous moquez de qui ? Cela fait dix minutes que nous … » et là, je m’arrête net, face à moi, sous les douches, une dizaine de messieurs entièrement nus. Sur les portemanteaux, des uniformes. En fait, le bataillon des pompiers d’Argentat en train de se rafraîchir après une séance de sport. Ils sont hilares.

  • Mais, entrez donc, Mademoiselle, il y a de la place pour tout le monde !

Je referme vivement, très gênée. Je comprends que je me suis trompée d’entrée.

Bien sûr, une fois revenue à l’école, je conte ma mésaventure à mes collègues qui s’esclaffent.

  • Mais au moins, ils étaient mignons, ces pompiers ?

  • Ah les filles, vous imaginez le calendrier où ils posent torse nu ? ai-je dit pour les allécher.

  • Oh oui !

  • Eh bien, ils étaient encore plus beaux ! ai-je rajouté pour les achever.

  • Oh, zut si on avait su.

  • Eh bien, tant pis pour vous, na !

L’année suivante aucune n’a voulu rater les séances de natation mais jamais plus le spectacle des combattants du feu dénudés sous l’eau ne nous a été offert.


 

Quelques haïkus (le 1er ne vous étonnera pas)


 

Entrer dans les vestiaires

Pour presser les élèves retardataires

Pompiers nus sous la douche.


 

Souvent appelés

Parfois menacés ou agressés

Mais toujours présents


 

Personnes ou animaux

Souvent au péril de leur vie

Ils secourent sans répit


 

A la nouvelle année

On accepte avec joie leur calendrier

Une façon de les remercier


 

Plus tard, je serai maîtresse

Ben moi, je deviendrai pompier

Rêves d’enfants.

 

 

Victoria

Les pompiers, Victoria, prose puis haïkus
Tag(s) : #Victoria - sois chez toi !, #Essais de poèmes japonais
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