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L'énigmatique cité de Porteuc - 4/5 - Rahar

— Proffy et moi sommes restés presque une journée à l’affut, on n’a vu personne d’autre que les mercenaires.

— Mais ils ont besoin de rayons UV, ne serait-ce que pour synthétiser de la vitamine D.

— Pas forcément, s’ils peuvent en disposer d’une source.

— Est-ce que nous allons rencontrer les Porteucois, Ram ?

— J’aime autant pas. Nous ne savons pas comment ils accueillent les intrus. Ce n’est pas pour rien qu’ils n’acceptent de voir que les chefs des mercenaires.

— Alors, comment allons-nous achever notre mission ?

— Toujours le même objectif : trouver un véhicule à examiner… à ton avis, où pourraient-ils les parquer ?

— D’après moi, ici ils utilisent des wagons sur rail. Peut-être que les chariots ne sont utilisés qu’à l’extérieur.

— Mais les Porteucois doivent obligatoirement les construire ou les réparer quelque part.

— Je crois savoir. Il y a une forêt au sud, source de matériau, et… ici, près de là, il y a une entrée qui débouche sur une vaste caverne qui pourrait servir d’atelier de montage ou de réparation.

— Ben alors, mène-nous là-bas. »

 

En chemin, ils constatèrent que de place en place, ils pouvaient voir une portion de ciel, par le biais de larges puits. À un certain moment, Nèfe ressentit une sensation inconfortable d’être épiée. Elle s’en ouvrit évidemment à Ram qui ne négligeait plus l’intuition de son amie. Bien que ne le souhaitant pas, ils se résignèrent à une confrontation avec les Porteucois. Heureusement, s’ils n’avaient pas été tout de suite agressés, il y avait peu de chance qu’on les attaquât désormais.

 

Les tunnels n’étaient pas entièrement plongés dans l’obscurité, des organismes luminescents créaient des zones de pénombre blanchâtres ou verdâtres. Mais visiblement, les autochtones étaient sans doute nyctalopes, car Ram doutait fortement que les Portecois eussent des lunettes de vision nocturne, gadgets plutôt rares.

 

Les indigènes se doutaient aussi que les intrus pouvaient se diriger dans la pénombre. L’un d’eux se présenta alors délibérément devant eux. Quand même interloqués, Nèfe et Ram se regardèrent, puis se concentrèrent sur leur hôte. C’était un enfant, lequel leur fit signe de le suivre. En allant vers le centre, ils rencontrèrent de plus en plus d’enfants, mais pas d’adulte. Les deux jeunes gens virent aussi des habitations cubiques. Ils passèrent près de nombreuses meules à champignons, entretenues par des enfants. Et Nèfe se demanda où étaient les parents.

 

Leur guide les fit entrer dans une salle assez vaste pour contenir une vingtaine de personnes. Elle était éclairée par des bocaux d’organisme luminescent, suffisamment pour que les deux jeunes gens ôtassent leurs grosses lunettes. Et ils béèrent de stupéfaction : ils n’étaient pas devant des enfants, c’étaient des nains. Mais pas n’importe quels nains, ce n’étaient pas des créatures difformes ou anormaux, les nains porteucois étaient des humains en réduction, bien proportionnés, de quatre pieds en moyenne. Ils paraissaient entre une trentaine et une cinquantaine d’années. Leurs vêtements ne différaient pas de ceux des autres cités comme Friy, et les femmes portaient des bijoux universels.

 

« Asseyez-vous, jeunes gens… autant que nos chaises puissent vous supporter. »

La dame âgée s’exprimait avec un drôle d’accent, et avec un sourire malicieux. Elle semblait être la présidente de ce Conseil. Nèfe et Ram étaient encore sous le choc, mais finirent par faire bonne figure. La dame continua.

 

« Nous aimerions croire que votre folle équipée résulte d’un comportement irréfléchi d’adolescent avide d’aventures. Vous ne vous doutez probablement pas des dangers qui vous attendent, dans cet univers qui vous est inhabituel.

— Nous avons peut-être tort de nous être introduits sans être invités, dans vos tunnels, mais admettez, ô conseillère (Nèfe croyait qu’elle l’était), que vous suscitez la curiosité de tout le monde. Personne ne sait comment vous êtes, comment vous vivez, vous n’échangez que vos champignons et vos algues.

— Nous avons nos raisons d’éviter le contact avec l’extérieur, intervint un jeune conseiller. Vous voyez bien comment nous sommes, notre taille nous handicaperait, dehors.

— Vous avez des idées préconçues, contra Ram. Les gens se préoccupent plus de leur intérêt que de perdre leur temps à faire de la discrimination.

— Mais réfléchissez un peu, intervint Nèfe, les gens de l’extérieur progressent, aimeriez-vous être à la traîne dans la marche de l’humanité ? Nous avons aussi des nains, et ils vivent bien comme tout le monde.

— Vos nains le sont accidentellement, mais nous, les nains porteucois, nous le sommes génétiquement ; notre état est peut-être récessif, mais nos femmes ne peuvent porter des enfants normaux, cela les tuerait. Et personne ne peut empêcher les gens de tomber amoureux.

— N’empêche, argua Ram, vous pouvez contribuer au progrès de l’humanité et bénéficier du confort de la technologie développée ailleurs. Est-ce que vos administrés connaissent au moins le mode de vie extérieur ?

— Venez, nous allons vous montrer quelque chose. »

 

Les nains porteucois guidèrent les deux Friyens vers une salle, assez à l’écart. C’était la seule dans laquelle il y avait des machines et des écrans. Apparemment, un générateur des dieux alimentait le tout, et les nains savaient manipuler certains appareils, dans une certaine mesure.

 

« D’après ce que nous avons découvert, commença la conseillère, ces appareils communiquent avec ce que les dieux appellent « satellites », lesquels relaient les informations d’autres appareils un peu partout. Les écrans nous montrent des pans de vie des gens de l’extérieur, alors nous sommes quand même au courant de ce qui se passe dans le monde… Mais au fait, que cherchiez-vous donc chez nous ? Et ne dites pas que c’est seulement une randonnée d’exploration.

 

A suivre

 

RAHAЯ

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Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
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