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2e jeudi en poésie des Croqueurs de mots pour l'ami Henri : méditation sur Le Tung-whang-fung de Louis Bouilhet

C'est en lisant un poème de Guy de Maupassant, Sur la mort de Louis Bouilhet, que j'ai découvert les alexandrins "chinois" de Louis Bouilhet. Je mets le lien pour lire le poème de Maupassant : http://www.poetica.fr/poeme-1418/guy-de-maupassant-sur-la-mort-de-louis-bouilhet/, un poème qui est à la fois une prière, une interpellation du divin et une évocation de l'ami et maître disparu, des alexandrins très forts et propices à la méditation. Et je nous propose de lire l'étonnant Tung-whang-fung de Louis Bouillet. La beauté des vers est comme un baume sur la tristesse ressentie devant l'injustice de la séparation des êtres. La fleur Ing-Wa est celle du cerisier, Ching-tu-fu capitale de Se-chuen, était autrefois une des plus belles villes de la Chine. Pour l'oiseau, d'après mes recherches, les spécialistes éprouvent des difficultés à traduire (mais j'ai lu que "whang-fung" désignerait le phénix. Celui-ci ne renaît-il pas de ses cendres ?). Ce n'était pas la poésie d'Henri, le chroniqueur poète, mais j'ose espérer qu'il aurait bien aimé aussi.
Note de Lenaïg

 

https://fr.123rf.com/images-libres-de-droits/dessin_fleur_de_cerisier.html

https://fr.123rf.com/images-libres-de-droits/dessin_fleur_de_cerisier.html

Le Tung-whang-fung

 

La fleur Ing-wha, petite et pourtant des plus belles,
N'ouvre qu'à Ching-tu-fu son calice odorant ;
Et l'oiseau Tung-whang-fung est tout juste assez grand
Pour couvrir cette fleur en tendant ses deux ailes.

Et l'oiseau dit sa peine à la fleur qui sourit,
Et la fleur est de pourpre, et l'oiseau lui ressemble,
Et l'on ne sait pas trop, quand on les voit ensemble,
Si c'est la fleur qui chante, ou l'oiseau qui fleurit.

Et la fleur et l'oiseau sont nés à la même heure,
Et la même rosée avive chaque jour
Les deux époux vermeils, gonflés du même amour.
Mais quand la fleur est morte, il faut que l'oiseau meure.

Alors, sur ce rameau d'où son bonheur a fui,
On voit Pencher sa tête et se faner sa plume.
Et plus d'un jeune coeur, dont le désir s'allume,
Voudrait, aimé comme elle, expirer comme lui.

Et je tiens, quant à moi, ce récit qu'on ignore
D'un mandarin de Chine, au bouton de couleur.
La Chine est un vieux monde où l'on respecte encore
L'amour qui peut atteindre à l'âge d'une fleur.

(Recueil : Dernières chansons)

 

Louis Bouilhet
1822 - 1869

https://www.atramenta.net/lire/le-tung-whang-fung/1597

https://fr.123rf.com/photo_12394254_la-couleur-lisse-et-la-forme-de-fleurs-de-cerisiers-un-gros-plan-avec-un-accent-peu-profondes.html

https://fr.123rf.com/photo_12394254_la-couleur-lisse-et-la-forme-de-fleurs-de-cerisiers-un-gros-plan-avec-un-accent-peu-profondes.html

Le mot de l'amirale Dômi :
http://croqueursdemots.apln-blog.fr/2017/06/01/adieu-matelot/
L'énoncé du défi, proposé par Andrée Durgalola, Jeanne Fadosi et Dômi :
http://croqueursdemots.apln-blog.fr/2017/06/05/defi-188-hommage-a-notre-ami-henri/

Le blog d'Henri :
http://leblogdhenri.eklablog.com/

Tous les Crôqueurs sont à la barre.
***

Tag(s) : #Poèmes

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