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Prénom : Symphorose - Marie Louve, Cour de récré chez Jill
Pour le jeu des prénoms à la Cour de récré chez Jill,
Marie Louve présente :
Le dernier combat de Symphorose
Illustration :
Les Albums de Céline E. © Didier Mignon 2013 sur facebook
Prénom : Symphorose - Marie Louve, Cour de récré chez Jill

 

Sous le coup de la grande dépression économique des années 30,  les parents de Symphorose s’étaient exilés avec pauvres bagages et leur trâlée d’enfants  au Massachussetts de la Nouvelle-Angleterre.  Treize à la douzaine qu’on pourrait dire dont Symphorose était le dernier né de sa fratrie composée uniquement de garçons.

 

La mère trimait dur dans une manufacture de textile dès l’aube du jour,  jusqu’à tard dans la nuit, pour joindre les deux bouts sans jamais y arriver. De son côté, le père travaillait autant, dans une manufacture de fabrication de chaussures.  Tant et si bien que le gentil et pacifique Symphorose au cœur plus grand que nature ne pouvait compter que sur lui pour marcher droit dans sa vie nouvelle vie. 

 

Tous les jours, il rasait les murs des commerces avec la  peur au ventre en allant à l’école des catholiques où il devait croiser le clan des mauvais garçons irlandais qui rivalisaient avec les autres ethnies pour protéger leur territoire  contrôlé par leur violence. Ces derniers ne se privaient de traiter avec mépris les Québécois qu’ils insultaient en les  désignant du péjoratif   * frog *  tout en le rouant de sales coups pour leur faire la leçon.

 

Tous les jours, Symphorose revenait à la maison avec le visage tuméfié et les vêtements abîmés.  Cette situation ne pouvait perdurer. Attristés par la tyrannie dont leur jeune frère était victime, les aînés prirent la décision d’enseigner à leur frérot l’art de la boxe pour qu’il puisse sortir vif de ce ring infernal.

 

C’est ainsi que Symphorose devint l’un des plus célèbres boxeurs du vingtième siècle. Sur quatre-vingt-dix combats, il en remporta  soixante-treize dont cinquante-deux par K .O. 

Après chacune de ses victoires, Symphorose faisait une accolade chaleureuse à son adversaire qu’il considérait comme un allié pour exercer avec grandeur cet art de la boxe. 

 

La boxe lui apprit le combat pour vivre avec dignité au milieu d’une jungle qu’était sa vie en ces temps-là.

 

Le temps a passé.  Une petite valise en main, le vieux Symphorose s’exile dans une maison de retraite pour personnes âgées.

 

Ici commence le dernier combat de sa vie.

 

Marie Louve

Tag(s) : #Fantaisie et sérieux chez Marie-Louve

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