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Nez à nez avec son passé - Chapitre 8 - Lenaïg romanesque

La visite fut passionnante, Nadine interrogeant leur hôte, ravi de l'intérêt qu'elle portait à ses oeuvres et des questions précises et quelquefois pointues qu'elle lui posait. L'humour était de mise et les rires ne tardèrent pas à fuser, tandis que Thomas prenait des photos et se contentait de les écouter, apportant son grain de sel selon la tournure de la conversation. La jeune fille leur servit un délicieux cocktail de jus de fruits. La nuit tomba sans qu'ils s'en aperçoivent, on approchait de 19 h 00 ... Une sorte de trouble s'installa, car ni Thomas ni Nadine n'osait exposer à leur hôte la raison principale de leur visite ... On venait de finaliser l'achat d'une statuette et Thomas se leva, Nadine l'imita. Thomas tendit la main vers le vieil homme en bredouillant des formules de politesse et en s'apprêtant à déclarer qu'avant leur départ, ils ne manqueraient pas de lui rendre une autre visite, mais ... l'artiste ne fit pas un mouvement pour saisir la main tendue ...

 

Il n'avait plus son chapeau, une grande émotion transparaissait sur ses traits, il les fixait maintenant tous deux, bien que son regard ait étrangement l'air de les dépasser. Il prononça la phrase :

 

"Vous lui ressemblez tellement ..."

 

***

 

Epilogue :

Nadine et Thomas ne repartirent pas ce soir-là, ils restèrent souper et dormir. "A qui ?" avait réussi à articuler Nadine, et le vieil homme avait commencé par leur demander de l'excuser, en s'expliquant brièvement. Thomas avait alors pris la parole, Nadine muette d'émotion. Les souvenirs de leur père étaient intacts : une querelle d'amoureux avait mis fin à la relation et la vie en commun pendant deux années de leurs futurs parents. Leur mère avait supplié en vain son compagnon de l'emmener loin de chez ses parents, qui l'étouffaient, qui faisaient pression pour qu'ils ne se voient plus. Elle voulait un enfant ! Le jeune artiste lui avait répondu d'être patiente, qu'il ne gagnait pas encore assez bien sa vie et qu'elle ne ferait que se mordre les doigts de quitter le confort et l'aisance auxquels elle était habituée. La jeune femme furieuse s'était enfuie et ils ne s'étaient jamais plus revus. Comme il ne pouvait la chasser de ses pensées, il était allé sonner plusieurs fois par la suite au domicile de la famille pour se faire entendre dire tour à tour que "mademoiselle était sortie" ou "mademoiselle ne désirait pas le voir".

 

 

FIN

 

Lenaïg

Photo : Cilaos, île de la Réunion, cueillie sur le site :
http://www.reunion.fr/decouvrir/montagne/les-cirques/cirque-de-cilaos

Tag(s) : #Nouvelles - Lenaïg - A la ville - à la campagne

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