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Nez à nez avec son passé - Chapitre 7 - Lenaïg romanesque

Avant de s'envoler pour la longue traversée jusqu'à l'île de La Réunion, Nadine et Thomas étaient allés se recueillir devant le caveau d'une famille à laquelle ils étaient totalement étrangers et devant le nom de leur mère. Nadine n'avait pas voulu en apprendre plus sur le mari de leur mère ; elle était consciente que Thomas avait porté ses recherches de ce côté-là aussi mais elle n'en pouvait supporter plus, pour le moment. Plus tard, peut-être elle l'interrogerait aussi sur ce qu'il savait. Tous les deux étaient restés dignes, pour ne pas dire froids, lors de leur visite au cimetière, mais, une fois rentrés, chez Thomas, Nadine s'était effondrée et avait pleuré, beaucoup, sans pouvoir se contenir. Thomas, ému aussi, lui avait offert sa chambre pour la nuit. Nadine avait protesté, pour la forme, le voyant sortir un sac de couchage et l'installer sur le tapis du salon. "Ne t'inquiète pas, Nadine, j'ai l'habitude et je dors n'importe où !" "Bon, je te remercie, c'est vrai que j'ai pris de sacrées habitudes de confort et de luxe !" Le lendemain, pour la première fois de toute sa carrière, Nadine ne s'était pas rendue à son bureau. L'odeur du café l'avait réveillée le matin et elle s'était présentée à Thomas sans apprêt, sans maquillage, sans jouer un rôle pour la première fois depuis bien longtemps, avec un puissant sentiment de liberté et de soulagement ; Thomas l'avait d'ailleurs eu la veille devant lui le visage bouffi par les larmes.

 

***

 

Ils venaient de se faire déposer en autocar avant l'entrée de Cilaos pour finir le trajet à pied. Nadine avait énergiquement déconseillé à son frère de louer une moto, soudainement consciente du danger sur des routes de montagne qu'ils ne connaissaient ni l'un ni l'autre, une prudence qui faisait voler en éclat la carapace d'indifférence et de cynisme qu'elle s'était jusque-là imposée, aussi bien pour elle-même que vis à vis des autres. Thomas, attendri, l'avait écouté.

 

Ils avaient rendez-vous en cette fin d'après-midi avec l'artiste, à son atelier, en tant qu'amateurs de son art et potentiels clients. La rencontre avait été fixée de métropole par téléphone. Ils espéraient qu'ils n'arrivaient pas trop tôt et que la sieste du sculpteur serait terminée. Ils sonnèrent à la petite grille, apercevant déjà de magnifiques sculptures dans la cour et même sous le hangar, plus loin. Nadine avait bûché son affaire et n'ignorait rien des débuts, des influences ni de la biographie de leur créateur ... "Voilà, voilà !" Une jeune fille tout sourire vint leur ouvrir et ils surent plus tard qu'elle était l'une des petites filles de l'artiste. Sur le pas de la porte, l'artiste, l'air avenant, canne en main mais très droit apparut. Il souleva poliment son chapeau de paille et se le rabattit sur le front, masquant ainsi sans le vouloir en partie son visage, mais Nadine comme Thomas, intimidés, ne cherchèrent pas à le scruter !

 

A suivre

 

Lenaïg

Article programmé
Photo : sa source sera dûment révélée à la fin du roman, au chapitre 8.

Tag(s) : #Nouvelles - Lenaïg - A la ville - à la campagne

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