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Nez à nez avec son passé - Chapitre 6 - Lenaïg romanesque

Quand elle fut mise au courant de toute la vérité sur leur naissance, la sienne et celle de son frère jumeau, Nadine tempêta, s'énerva contre tout le monde : leur mère, qui s'était laissée faire, la famille bourgeoise de leur mère, qui avait refusé que la tendre relation entre la très jeune femme et son camarade réunionnais des Beaux-Arts s'éternise, faisant accoucher la jeune femme dans la clandestinité puis abandonner immédiatement ses bébés ... auxquels elle avait malgré tout tenu à donner des prénoms, seul lien, seul héritage ... Puis elle pleura de rage en ressentant le poids de la détresse de leur mère : bien vite mariée à un jeune homme d'une autre famille bourgeoise de la région, faisant bonne figure au début mais plongeant inexorablement dans la dépression, pour se jeter quelques années plus tard du haut du deuxième étage de leur propriété, sans avoir apporté de progéniture à sa nouvelle famille. "Quel épouvantable mélo, que c'est écoeurant, un vrai roman de gare !" avait-elle conclu, amère et révoltée.

 

"Et notre père ?" avait-t-elle demandé à Thomas, une fois calmée. "Juste après la rupture avec notre mère, il a quitté Paris pour Amsterdam, puis New York, entre autres et il a fini par retourner se poser dans son île natale, où il a fondé une famille nombreuse ! Son propre père était d'origine européenne, un "zoreil" et sa mère réunionnaise de souche, ce qui explique que ce n'est pas évident à nous voir, toi et moi, que nous avons des ascendances asiatiques et africaines ; nous sommes des chabins, comme diraient les Antillais. A mon avis, il n'a jamais su que notre mère était enceinte de lui ... Il a 70 ans, c'est un artiste confirmé, sculpteur et peintre, qui bénéficie d'un certain renom chez les connaisseurs internationaux, on lui passe encore commande, il est veuf et sa nombreuse progéniture se promène dans le monde entier !" Nadine avait alors été prise d'un fou rire, trop de coups sur la tête, trop de tension nerveuse ; elle avait jeté cyniquement : "Eh bien, au moins tout n'est pas négatif, nous avons un père artiste !" Plus doucement, et comme fière et malicieuse à la fois, elle rajouta :"maintenant je comprends pourquoi nous sommes ... d'une beauté physique irrésistible, toi et moi !"

 

A suivre

 

Lenaïg

Article programmé
Photo : sa source sera dûment révélée à la fin du roman, au chapitre 8.

Tag(s) : #Nouvelles - Lenaïg - A la ville - à la campagne
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