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LES GARDIENS DU SAVOIR - 5/7 - RAHAR

Les trois Friyens finirent par trouver l’ascenseur qui permettait de descendre. Ils étaient évidemment intrigués par le fait que tout était intact et toujours fonctionnel, et qu’il y avait de l’énergie. Les deux bricoleurs étaient impressionnés par les observateurs qui avaient réussi à faire fonctionner le complexe ; ils avaient dû trouver de précieux documents. Apparemment, ils avaient des vêtements à discrétion, ainsi que de la nourriture, ils avaient donc choisi de vivre en vase clos.

Le niveau suivant se composait essentiellement de magasins de stockage : fournitures, habillement, pièces détachées… tout cela avait une valeur relative et était toujours bon à prendre. Mais il fallait composer avec les habitants des lieux et on ne savait de quoi ils pouvaient avoir besoin, si on ne les contactait pas. Nèfe convint qu’ils n’étaient pas hostiles, à priori, seulement circonspects.

Ce fut au détour d’un couloir que les trois Friyens tombèrent sur un observateur. Plutôt une observatrice, d’après le fin visage, la longue chevelure, et surtout les courbes voluptueuses de son corps soulignées par un maillot de corps noir, un pantalon ajusté vert-armée à fontes et une veste-boléro à multiple poches de même couleur. Elle semblait les attendre, les bras croisés, l’air impassible. La beauté classique de la créature ne laissa pas de marbre les deux bricoleurs, et seul un bon coup de coude de Nèfe put sortir Ram de sa fascination.

« Euh… Bonjour… Euh, je suis Aken Atton, voilà Nèfe Hertary, et puis Ram Sèce… Nous sommes des citoyens de la cité de Friy. Nous venons en paix.

— Je suis Denise Thérèse. Vous venez en paix, très bien. Mais encore ?

— Nous ne pensions pas que ce complexe était habité, intervint la rha-compteuse. Nous espérions trouver des… hum, trucs qui pourraient contribuer à améliorer notre vie.

— Mais depuis quand habitez-vous ici ? demanda Ram.

— Nous vivons ici depuis toujours, répondit Denise.

— C’est pas vrai ! s’exclama Aken. Vous n’êtes donc jamais sortis ?

— Nous n’en voyons pas la nécessité, nous sommes bien, ici… Vous allez nous envahir ?

— Non, non, vivre enfermé ici ne nous intéresse pas, nous faisons des affaires, protesta Ram, il y a certainement des choses dont vous pouvez avoir besoin et que nous pouvons vous fournir, en échange de quelques bricoles.

— Nous n’avons besoin de rien, rétorqua Denise, nous nous suffisons à nous-mêmes.

— C’est impossible ! s’insurgea Aken. Vous DEVEZ avoir besoin de quelque chose… Mais je comprends, vous n’êtes jamais sortis, et donc vous n’avez aucune référence de comparaison. Vous devez sortir pour vous rendre compte de ce dont vous pourriez avoir besoin. Toi par exemple, tu pourrais aimer les créations de nos stylistes, ces vêtements sont lassants, à la fin.

— Je ne suis pas convaincue, mais je respecte ton opinion… Que pensiez-vous donc trouver ici ? »

Ram sortit de sa poche la liste qu’il avait dressée à partir de l’ouvrage du colonel John Doe. Denise y jeta un œil et sourit.

« Êtes-vous bien conscients de la nature de ces appareils ? demanda-t-elle.

— Non, mais on espère bien trouver de la documentation, expliqua Ram.

— Je doute qu’ils puissent vous être de quelque utilité, rétorqua Denise.

— Comment peux-tu l’affirmer ? protesta Nèfe. Tu dis toi-même que vous ne sortez jamais, vous pouvez donc ignorer certaines de leurs possibilités.

— à moins que tu saches ce que sont réellement ces appareils, insinua Aken.

— Ce n’est pas parce que nous ne sortons pas que nous ignorons ce qui se passe dehors, argua Denise.

— Ahaaa, et comment donc ? demanda Nèfe. Vous avez des mediums clairvoyants ?

— Non, nous utilisons les données des satellites.

— Qui sont ces « satellites » ? s’enquit Aken. Nous ne connaissons pas ce genre de medium. Ils s’apparentent aux nécromants ? »

Denise ne répondit pas, elle se contenta de leur faire signe de la suivre. Jouant le rôle de guide, elle leur donna des informations sur les pièces sur leur passage.

« Euh… Il est largement midi passé, fit remarquer Nèfe. On pourrait peut-être faire une pause-déjeuner, j’ai l’estomac dans les talons.

— Ma chère Denise, je profite de l’occasion pour t’inviter à goûter à notre gastronomie, bêtifia Aken. Ce sont des repas froids, mais tu m’en diras des nouvelles.

— Aken, la dame a peut-être déjà son programme, fit perfidement Ram.

— Je sais que vous venez d’assez loin, concéda Denise, vous devez donc avoir faim. Nous pouvons entrer dans un bureau pour que vous puissiez déjeuner.

— Pour que NOUS puissions déjeuner, appuya Aken. Ce sera à la bonne franquette, ma chère Denise.

— Merci, mais je n’ai pas faim, rétorqua l’hôtesse, et puis, je suppose que vos rations sont calculées au plus juste… Tenez, cette pièce fera l’affaire, il y a assez de sièges. »

 

A suivre

 

RAHAЯ

LES GARDIENS DU SAVOIR - 5/7 - RAHAR

Photos du net cueillies par Rahar et mystère pour l'interprétation de la première : est-ce là le vrai visage du personnage non humain qui dit s'appeler Denise Thérèse, ou non ? Ou ressemble-t-"il" (ou "elle") plutôt à la fort agréable créature qu'Aken ne peut plus quitter des yeux et qu'on peut admirer sur la deuxième photo ?
Note de Lenaïg

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

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