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Sur la phrase de lancement d'Andrée chez les Croqueurs dans le cadre du défi n° 172, que j'ai placée dans le mignon petit nuage rose qui suit :

Défi des Croqueurs n° 172, Durgalola à la barre : "Partir, ça y était : instant magique !" - Lenaïg
Défi des Croqueurs n° 172, Durgalola à la barre : "Partir, ça y était : instant magique !" - Lenaïg

... Notre évasion vers la Grèce, à Maman et moi passait dans la réalité mais l'excitation du départ continuait à nous porter comme dans un rêve ! J'avais été attendre ma mère à la gare et après une soirée agréable chez Nino, l'Italien du coin, nous nous étions couchées pas trop tard, Maman dans mon lit et moi sur mon canapé, le réveil ne manquerait pas de nous tirer du sommeil de très bonne heure le lendemain. Je craignais que le silence plutôt relatif qui caractérise la vie nocturne dans la capitale ne provoque chez ma mère une insomnie mais j'entendis tomber son livre et en me redressant et en me retournant, je la vis endormie, pas dérangée par la lumière ! Il faut dire que ni elle ni moi n'avons jamais envisagé de nous plonger dans le sommeil sans lire au moins quelques pages. Je tentais de me concentrer sur mon roman mais l'excitation du départ m'en empêchais, j'éteignis. C'était la première fois que nous voyagerions par l'entremise de Fram. Je me remémorais les péripéties de nos précédents voyages, en tentant d'anticiper celui-ci et je sombrai à mon tour.

Le réveil sonna comme prévu, me tirant du sommeil tandis que la voix souriante de Maman, m'entendant remuer, me souhaitait le bon jour. Nous eûmes le temps de prendre un bon petit déjeuner et nous préparer. Hop ! Coup de fil pour qu'un taxi vienne nous cueillir pour nous conduire à l'aéroport et l'assurance que le chauffeur serait là dans les dix minutes. Nous voici sur le trottoir. Au bout de dix minutes, rien ! Notre petit nuage rose s'effilocha aux entournures et l'énervement nous gagna. Il faut dire que les téléphones portables à l'époque étaient encore dans les limbes et je m'apprêtais à regrimper chez moi pour relancer la compagnie quand, enfin le taxi arriva lentement, nous repéra et en route pour l'aéroport, pas encore de bouchons à cette heure matinale ...

Le petit nuage rose se reforma dans la découverte de notre point de ralliement, de notre accompagnateur à l'accent bien de Toulouse qui rassemblait ses brebis et les premières prises de contact, les formalités. L'instant magique prit à nouveau un coup dans l'aile si je puis dire lorsque nous pénétrâmes dans l'avion ! Ce fut la foire d'empoigne à qui serait assis près d'un hublot, pas de notre part à nous, ébahies de voir nos futurs compagnons de voyage se battre presque pour cela ! Un peu d'inquiétude pour l'avenir ! Mais non, tout finit par rentrer dans l'ordre. Ni Maman ni moi n'étions donc assises près d'un hublot mais peu importe, nous consultions notre programme et nos guides en échangeant quelques mots avec nos voisins immédiats.

La chaleur nous mordit au débarquement à Athènes mais nous nous y attendions, le petit nuage rose en rougit même de plaisir : enfin nous posions les pieds en Grèce ! Hé hé, pour monter dans le car, le même cirque que dans l'avion, les gens se bousculaient, se pressaient les uns contre les autres, perdant toute dignité pour pouvoir être assis devant ! M'enfin, comme dirait Gaston Lagaffe, il y avait de la place pour tout le monde ! Ensuite ? Eh bien, le nuage nous resta fidèle, perdant à peine de son rose lors de quelques petits incidents dont je ne me souviens d'ailleurs même pas pendant la durée de notre périple. A nous des chambres sobrement confortables et souvent un balcon offrant des vues splendides, comme celle sur les montagnes à Olympie, où nous dégustâmes des abricots récoltés nous-mêmes avec l'assentiment du propriétaire d'un verger lors d'un arrêt du car, à nous l'Acropole, les fabuleux monastères des Météores, les baignades dans les eaux limpides et les pique-nique dans les îles, la cuisine grecque délicieuse et les soirées de spectacles dansants, j'en passe bien sûr et j'en oublie !

Oh, justement j'allais oublier de préciser que, pour préserver l'instant magique, nous avions décidé de ne plus nous laisser faire ! Avant la fin de chaque excursion, nous surveillions l'heure et nous nous arrangions pour arriver avant les autres devant le car, souvent en même temps que juste quelques autres ... heu ... fines mouches ! Dès que le chauffeur qui avait fait sa pause revenait et nous ouvrait les portes, nous nous hissions dedans et trônions à l'avant, bien placées ! Les joyeux drilles toujours pressés à l'aller tardaient très souvent pour le rendez-vous du retour et ils étaient bien contraints de se chercher des places à l'arrière, s'attirant les remarques, les huées ou les quolibets à leur passage dans le couloir. Je me souviens de l'original retardataire qui avait faussé compagnie à tout le monde pour aller se baigner alors que ce n'était pas prévu et qui a fait son entrée dans le car en maillot quasiment ruisselant, sa serviette et ses affaires à bout de bras, éclaboussant les autres, un sourire désarmant jusqu'aux oreilles, Maman et moi en avions le fou rire, le petit nuage rose aussi.

Lenaïg

Défi des Croqueurs n° 172, Durgalola à la barre : "Partir, ça y était : instant magique !" - Lenaïg
Tag(s) : #Jeux

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