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Le réveil de Phobos - 2/4 - RAHAR

Les quatre astronautes descendirent prudemment dans le trou choisi par le colonel Gabble. Quelques dizaines de mètres plus bas, ils atterrirent sur une plaque métallique couverte de gravats provenant certainement de l’impact d’une météorite, parfaitement artificielle qu’on ne s’attendrait certainement pas à voir sur une lune qui serait naturelle ; elle était tordue, ce qui dévoilait une ouverture qui expliquait la fuite de gaz. Ils n’eurent pas besoin de l’élargir pour pouvoir s’insinuer derrière la plaque. Ils se retrouvèrent alors dans une sorte de sas dont la fermeture de l’autre accès était aussi tordue. Longor analysa l’atmosphère ténue.

« Les gaz sont les constituants d’un air respirable, du moins si la pression était suffisante, conclut l’archéologue. Peut-être que celle-ci serait acceptable plus loin, à l’intérieur.

— Ah, pourvu que ça soit vrai ! s’exclama Brown, ce scaphandre est loin d’être confortable.

— Et si c’est vrai, on aura plus de temps pour explorer, se réjouit le colonel Gabble. »

Ils prirent un long couloir sombre parfaitement net. Les quatre scientifiques débouchèrent sur une antichambre quasi nue, à part des bancs courant le long des murs. Une porte était à demi ouverte. En la passant, ils accédèrent à un étage d’une structure apparemment à plusieurs niveaux. Chaque étage semblait divisé en plusieurs compartiments de différent volume. Chaque salle devait avoir un détecteur, car elle s’illuminait dès que quelqu’un entrait, quelque part, il devait y avoir une fantastique source d’énergie, et la pièce contenait des tas de machines. Le colonel Gabble et le physicien Garine s’apprêtaient à examiner les appareils, mais le colonel Brown proposa d’explorer le satellite pour en avoir une idée, même sommaire, avant de s’intéresser aux artefacts. Entretemps, Longor s’était assurée que la pression atmosphérique était supportable, comme à une altitude de cinq milles mètres sur Terre. Tous se débarrassèrent de leur casque, préférant haleter comme un saint-bernard que supporter une minute de plus l’inconfort du respirateur.

Alors que les explorateurs accédaient au second niveau interne, ils sentirent le sol frémir, comme avec un séisme de faible amplitude.

« Dites les gars, une météorite a percuté Phobos ? s’étonna l’archéologue.

— Le choc d’une météorite provoquerait un fort ébranlement qui s’amortirait, objecta l’ingénieur Brown, je penche plutôt pour un phénomène interne, le démarrage de quelque monstrueuse machine.

— Je confirme, assura le physicien, ce que nous avons ressenti est bien un tremblement d’intensité progressive. D’ailleurs, écoutez ce grondement, c’est sûrement celui d’une machine.

— Mais pourquoi maintenant ? s’enquit Longor. L’un de vous aurait-il touché à un quelconque interrupteur ? À moins que ce ne soit des fantômes d’extraterrestres.

— Je suppose plutôt que notre simple présence a provoqué une cascade de réactions automatiques, avança Gabble. Vous avez bien constaté l’allumage de l’éclairage à notre entrée. Une espèce d’ordinateur gère probablement tout ça.

— Oui, mais cela ne devrait-il pas nous inquiéter ? reprit l’archéologue. Je veux dire, si « ça » nous considère comme des intrus indésirables, voire ennemis, on ne sait ce que « ça » prépare.

— Ne nous alarmons pas prématurément, essaya de rassurer Garine, ce n’est sûrement qu’une procédure banale pour les anciens occupants. »

Personne ne voulait avouer ressentir une vague inquiétude, malgré l’affirmation du physicien. À mesure qu’ils descendaient les niveaux, la pression atmosphérique augmentait en même temps que la gravité. Brown déduisit que l’accroissement de la pesanteur qui coïncidait à peu près avec le tremblement sismique, devait être généré par la machine qui venait de démarrer ; mais était-ce tout ce que cet appareil faisait ? Ce que les astronautes redoutaient, était que plusieurs siècle d’inactivité auraient pu altérer l’intégrité, et donc la fiabilité, de la machine. Mais les Terriens s’inquiétaient peut-être à tort, ils ignoraient tout de la technologie utilisée.

En empruntant une porte jaune, ils accédèrent à une autre partie de la lune. Les explorateurs sentirent alors un léger courant d’air, et en allant plus avant, ils tombèrent sur l’appareil qui générait apparemment l’air respirable. Gabble décida alors qu’on embarquerait la machine, quand ils repartiraient ; en attendant, suivant l’idée de Brown, ils continuèrent leur exploration.

Ils arrivèrent devant une porte rouge fermée, avec des signes incompréhensibles. L’archéologue les mit en garde : le rouge était généralement marque de danger. Gabble sortit un petit appareil et testa la radioactivité, ainsi que quelque autre radiation pernicieuse.

« Euh… Depuis tout ce temps, tout rayonnement dangereux peut avoir disparu, avança l’ingénieur.

— Ce n’est pas forcément des radiations, tempéra l’archéologue. Le danger peut prendre diverses formes.

— Bon, si elle est verrouillée, on passe notre chemin, proposa Brown, sinon on regardera sans rien toucher. D’accord ? »

 

A suivre

 

RAHAЯ

Illustrationschoisies par Rahar :
un gros plan sur Phobos et les anomalies de Phobos selon Efrain Palermo.

Le réveil de Phobos - 2/4 - RAHAR
Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

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