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Mary se réveilla. Il était six heures à son antique montre mécanique, une Thalès ayant appartenu à son aïeul. Annick était déjà en train de remettre d’aplomb le pauvre Éric ; la cheville avait déjà repris son aspect normal. Rick était parti à la découverte. José se frottait les yeux en baillant. Ils calèrent leur estomac avec leur ration, mais ils avaient la gorge sèche, n’ayant rien à boire. Rick revint la mine plutôt sombre.


« J’ai trouvé une sortie, mais un éboulement l’a obstruée.

— Ben, allons la déblayer, s’enthousiasma José.

— Crétin ! Tu crois que je serais revenu si c’était possible ? Il y a des tonnes de pierre.

— Je crois que nos appareils fonctionnent, s’exclama Mary… Mais le signal est faible, insuffisant pour contacter le vaisseau ou quelqu’un d’autre, la machine est trop puissante.

— Et si on se rapprochait de la sortie ? suggéra Annick.

— Ça pourrait marcher. Essayons donc. »


Le signal n’avait pas augmenté. Les associés soupirèrent de désespoir. Le Boulet était en train d’être chargé, et si le vaisseau ne décollait pas à la fin du chargement, ce ne serait pas une pénalité qui en serait la sanction, mais la rupture pure et simple du contrat. Et il y avait aussi les sales bêtes qui attendaient à l’entrée des ponts.


Les cinq compagnons se morfondaient, quand Éric remarqua une tache de lumière à ses pieds. Surpris, il en chercha la source. Il finit par trouver un interstice en haut de l’éboulis. Mais il ne trouva aucune utilité à ce fait. S’étant reprise, le capitaine faisait les cent pas, réfléchissant à une solution. Ils n’avaient même pas d’instrument pour se forer une issue dans le mur épais de pierre. Ils étaient impuissants.


« Ah, si seulement on pouvait sortir la main dehors, se lamenta Mary. »


Le regard d’Éric alla de Mary à l’interstice. Puis il secoua la tête. Même avec sa sveltesse, la spécialiste des moteurs ne pourrait pas se maintenir là-haut et y passer la main.


« Qu’est-ce que tu regardes, Éric ? s’enquit Annick.

— Oh, rien. Une idée idiote. Ce trou-là est inaccessible.

— Un trou ? s’écria Mary. Mais c’est formidable ! On peut y passer une antenne. Annick, défait le fil métallique de ton uniforme, ce sera notre antenne. José, tu vas t’appuyer sur l’éboulis pour me permettre d’atteindre le trou et d’y passer l’antenne.

— D’ac, mais tu ne marcheras pas sur ma tête, hein… Et ne lâche surtout pas de caisse. »


Mary fixa l’antenne à la petite télécommande du vaisseau que le capitaine lui avait confiée et sortit le fil par l’interstice. L’indicateur de signal atteignit la limite juste suffisante. La jeune femme programma alors une série de commandes, et attendit, le cœur battant, l’accusé de réception du vaisseau. Puis elle cria sa joie, meurtrissant les épaules du pauvre José.


Le Boulet cracha une petite navette armée, à la surprise des employés de la mine. Le bolide fila jusqu’à la falaise, y creusa un trou au fulgurant, repéra la direction de la télécommande et pulvérisa l’éboulis de l’entrée de l’hypogée.


L’équipage avait juste fini de se laver et de se changer, quand la dernière caisse fut chargée. Évidemment, puisque José et Rick avaient fait défection, le capitaine avait dû payer les dockers locaux. Le montant déboursé était bien sûr relativement minime, en regard de leur contrat, mais c’était comme les poils du nez : qu’on en arrachait un ou plusieurs, l’insoutenable douleur était la même. Aigri par l’aventure, José signala à l’institut d’exoarchéologie, l’existence du palais d’Encorvat ; il ne mentionna pas la présence de la machine, et souhaita mesquinement que la première expédition subisse ses facéties.


FIN

 

RAHAЯ

LES RUINES D'ENCORVAT - 3/3 - RAHAR
Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

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