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Tu déclares n'être pas satisfait de cette nouvelle, maître Rahar, que tu concevais au départ en roman (mais tu n'as pas le temps), tu me l'as proposée en lecture en sachant avec raison que j'aime la science-fiction. Je préviens donc l'habituel lecteur éventuel qui passerait par ici : pure science-fiction ! Riche de détails techniques qui pourraient sembler rébarbatifs (c'est ton mot) ! Rien de rébarbatif pour moi et je vais apporter mon sentiment : si on se plonge dans cette aventure sidérale et qu'on poursuit jusqu'au bout, on pourra peut-être, comme moi, faire des rapprochements avec le monde où nous vivons et méditer sur le temps qui s'enfuit toujours, le temps présent que nous ne savons pas apprécier pleinement (et je suis plongée dans la lecture de COSMOS de Michel Onfray qui propose des "contretemps", je tâcherai d'en écrire plus ultérieurement). L'illustration que tu as choisie va apparaître au bas de ce premier chapitre. En ouverture, je n'ai pu m'empêcher de choisir la carte de la galaxie de STARWARS, établie avec un soin infini par les aficionados (là, rien à voir avec la corrida !), évoquée par le mensuel SCIENCES & VIE de décembre ...
Note de Lenaïg

http://maitre.dragon.free.fr/index.php?jdr=1&page=galaxie_carte

RÉMANENCE - 1/4 - RAHAR, science-fiction !

Le commandant Rianne était énervée, le petit cargo sphérique Pégase répondait mal aux commandes. Pearl, la navigatrice, devait constamment calculer les modifications de trajectoire, et n’était pas ainsi à prendre avec des pincettes. Le plus exaspérant était le message laconique de Vektor, l’ingénieur mécanicien, troisième et dernier membre de l’équipage : « Diagnostic en cours, propulseur hyperspatial arrêté ».

 

Il était vrai que le Pégase n’était pas de la première jeunesse. Mais lors de son achat, Vektor avait passé toute une semaine à examiner la sphère sous toutes ses coutures, et avait décrété que, sans être un bolide de course, le cargo ne pouvait pas être qualifié de rafiot, et serait une très bonne acquisition pour les trois associés routiers de l’espace. En tant que mécanicien prévoyant, l’ingénieur avait réservé une partie de la soute aux pièces détachées vitales.

 

Le commandant fut intrigué par le résultat des tests. Le propulseur semblait parfaitement fonctionnel, la stase globale paraissait intègre. Sur une intuition, Pearl lança un calcul complexe en supputant une anomalie spatio-temporelle locale.

 

« Rianne, nous avons coupé un faisceau d’énergie inconnue, à un certain moment.

— Est-ce la cause du ralentissement de la réponse des commandes ?

— Attend que je consulte l’historique de l’enregistreur… Bingo ! Ça coïncide.

— D’où vient ce faisceau ? Tu veux bien calculer ?

— Hmm… Ça vient de ce système-là, à tribord.

— Mais on est sorti du faisceau, tout devrait revenir à la normale. »

Vektor entra dans la vaste cabine de pilotage.

« Je viens corriger mon diagnostic. Ma montre donne une heure différente de l’horloge atomique. Alors, je crois que nous sommes dans une bulle temporelle accélérée.

— Comment est-ce possible ? Nous sommes inclus dans le même espace que le vaisseau.

— Ah non Rianne, le générateur gravitationnel interne nous isole.

— Mais il est aussi possible que ça soit le milieu extérieur qui ralentit.

— Et si on continuait comme si de rien n’était ?

— C’est risqué, Pearl. On ne sait si cette désynchronisation va affecter l’environnement des lieux où nous passerons. Et puis, notre déphasage pourrait nous rendre invisibles aux autres, et ce n’est pas bon pour les affaires, ne trouvez-vous pas ?

— Alors, comment allons-nous revenir à la normale ?

— Je suggère de remonter à la source du faisceau d’énergie. Son ou ses responsables pourraient nous aider. Pearl, peux-tu calculer son origine ?

— Un instant… Ça vient de la quatrième planète du système.

— Très bien, calcule-moi une trajectoire. Vektor, retourne à la salle des machines. »

 

Le Pégase se mit en orbite équatoriale autour de la planète rougeâtre et effectua plusieurs tours. Le commandant et la navigatrice s’étonnèrent qu’il n’y eût aucune émission radioélectrique, ni aucune lumière dans la partie nocturne. C’était une planète déserte, quasi aride. Compte tenu de la rotation de l’astre, Pearl eut un peu de difficulté à calculer l’origine probable du faisceau d’énergie inconnue. Finalement, elle demanda à Rianne de modifier l’orbite de quelques degrés, puis au tour suivant, elle délimita une zone approximative ; c’était le maximum qu’elle avait pu faire.

 

Rianne mit le vaisseau en orbite géosynchrone au-dessus du site en question et afficha l’image de la caméra extérieure à l’immense écran de contrôle. Elle fit venir Vektor pour confirmer que Pearl et elle ne rêvaient pas, car elles virent des structures incroyables : au Nord-Est, il y avait un massif en forme de visage indubitablement anthropomorphe, à l’Ouest, un groupe de pyramides étaient à côté d’une construction visiblement non naturelle avec deux immenses murs à angle droit, et au Sud, on pouvait deviner une pyramide géante à cinq faces. Vektor ne fut pas moins ébahi qu’elles.

 

« C’est moi, ou c’est bien un visage que je vois là ?

— Ouf ! Tu nous rassures Vektor, c’est donc bien une figure.

— Et d’après les repères, elle mesure bien deux kilomètres. L’épaisseur des murs de cette structure-là, n’a pas moins des trois cents mètres.

— Mais c’est dément ! Quelle civilisation a bien pu faire ça ?

— Sûrement très ancienne et éteinte : la planète est déserte.

— Mais le faisceau d’énergie ?

— Les instruments de Pearl indiquent qu’il provient du sommet de la pyramide à cinq faces. Ce n’est pas vraiment électromagnétique, mais c’est très puissant. Elle suppose que ce faisceau est généré par la forme intrinsèque de la construction.

— Eh bien alors, qu’est-ce qu’on fait ? Comment pourrons-nous remettre les choses en ordre ? Il n’y a personne à consulter.

— Descendons toujours pour voir. Allez Vektor, rejoins tes machines. »

 

A suivre

 

RAHAЯ

"CIDONIA" - PHOTO DE LA NASA, CHOISIE PAR RAHAR

"CIDONIA" - PHOTO DE LA NASA, CHOISIE PAR RAHAR

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

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