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La tante Yvette possédait un ordinateur et s’en servait pour contacter ses amis, lier de nouvelles connaissances, consulter des sites mondains, effectuer des achats en ligne… À l’occasion de la venue de Marc, elle avait dû installer un logiciel de contrôle interdisant au garçon d’aller sur des sites pour adulte. Mais ces sites particuliers n’intéressaient aucunement le gamin. Dégourdi comme la plupart des jeunes de sa génération, il ne lui avait pas été difficile d’aller sur les sites ethnologiques, à la recherche d’une correspondance avec l’écriture du coffret. Il sut alors qu’elle était une variante moderne du sanscrit.

OPPROBRE - 3/5 - RAHAR

http://www.projetleshalles.fr/la-quincaillerie-de-la-rue-montorgueil-25-04-2011/

***

Feue la grammie avait probablement pensé que Marc découvrirait le secret du coffret quand il serait adulte et instruit ; elle avait escompté que son intelligence déjà précoce serait plus aigüe. Mais elle n’avait pas compté sur la venue de la génération dite technologique, les enfants étaient maintenant nourris au net et savaient y slalomer avec une facilité déconcertante.

 

Évidemment, Marc ne connaissait pas le sanscrit, mais grâce au site détaillé, il pouvait le lire et le prononcer, même s’il en ignorait le sens. Un soir donc, après avoir fait la vaisselle et embrassé sa tante, il s’isola dans sa petite chambre, grimpa sur son lit avec le coffret, et lut à mi-voix l’inscription sur le côté de la boîte.

 

À la surprise et à l’émerveillement du gamin, l’inscription s’illumina un bref instant, puis une ligne scintillante courut sur le pourtour du coffret. Par déduction, Marc conclut que la boîte pouvait maintenant s’ouvrir. Là où précédemment il n’y avait que le grain lisse du bois, on pouvait voir une mince ligne de séparation. Effectivement, le garçon put ouvrir le coffret.

 

Marc vit alors une feuille de papier plié, sous lequel il trouva un petit disque bombé de bronze terni, sur lequel étaient gravés une étoile et des signes cabalistiques, un carré de papier jauni avec des mots incompréhensibles, deux cahiers d’inégale épaisseur, et une photo jaunie représentant un couple, certainement la grammie et son mari, quand ils étaient jeunes.

 

Le gamin déplia la feuille qui contenait une écriture fine et serrée, mais très lisible. Il sut que c’était l’écriture de la grammie. Le texte disait en substance, que celui qui avait réussi à ouvrir le coffret était indubitablement un sorcier talentueux et méritait cet héritage. Le disque magique était autant un talisman de protection, qu’un amplificateur psychique assurant le succès des sorts exprimés. Le carré de papier contenait la formule d’activation du disque ; c’était du sanscrit écrit phonétiquement. Le premier cahier était le journal de la vieille dame et celui plus épais, contenait divers sorts appropriés aux diverses circonstances imaginables. À la fin, la grammie soulignait une recommandation importante : il ne fallait user des sorts qu’à bon escient et uniquement pour le bien, sous peine de finir dans la disgrâce, comme elle.

 

Ce dernier point frappa Marc, et il comprit alors bien de choses sur le comportement des grands, vis-à-vis de la grammie. Cependant, il en ignorait encore le pourquoi. Il pensa avec logique que le journal lui en révèlerait le secret.

 

Justin et Maria Decaphé avaient ouvert une quincaillerie après leur mariage. Par manque de pot, une grande surface avait été ouverte peu de temps après. Justin savait à quoi se tenir, en se mariant avec Marie : celle-ci était ce que l’on appellerait une sorcière. Avec son don, elle avait réussi à dissiper l’animosité de sa belle-famille à son égard, animosité injustifiée mais uniquement instinctive, contre une étrangère à leur milieu. Justin prévoyait la suite des évènements : la défection progressive des clients, puis l’inéluctable faillite de la quincaillerie. Il parla alors à sa femme. Celle-ci l’avait prévenu qu’elle n’utiliserait son don que pour le bien. Il la persuada qu’ils ne faisaient rien de mal, c’était de leur survie dont il était question. Ils n’allaient faire de tort à personne… enfin, il y aurait peut-être quelqu’un qui perdrait un peu de pognon… Quoi ! Ce ne serait que de la roupie de sansonnet pour un grand groupe commercial.

 

A suivre

 

RAHAЯ

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

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