Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La vieille dame l’accueillit avec l’un de ses plus chaleureux rares sourires. Elle était en pleine santé et plus que jamais solide comme un roc. Pourquoi ses parents lui avaient-ils menti ? Marc avait-il escompté, même inconsciemment, un présent ? Honnêtement, nul ne pouvait le dire. Quoiqu’il en fût, il était sincèrement heureux de voir sa grammie. Sa surprise en recevant de beaux billets avait été réelle. Il eut un petit pincement au cœur : sa grammie penserait-elle qu’il n’était venu que pour recevoir un cadeau d’anniversaire ? Elle semblait avoir deviné sa pensée.

 

« Rassure-toi mon petit, je sais parfaitement ce que tu ressens. Sais-tu que tu es le seul de mes arrière-petits-enfants qui daigne me rendre visite ? Ne te tracasse pas trop, plus tard tu comprendras tout, tu es très intelligent. Maintenant rentre, je ne veux pas que tu aies des problèmes. »

OPPROBRE - 2/5 - RAHAR

Mystérieuse boîte à cachette en bois de thuya :
http://www.alittlemarket.com/presentoir-boites/boite_cachette_mysterieuse_bois_de_thuya_015_la11lo_8_3_h_7_7_-284820.html
Note de Lenaïg
***

Quelques mois après, la vieille dame décéda sereinement dans son sommeil. Puis vint l’ouverture de son testament. Marc n’eut qu’un écho du scandale créé par les héritiers indignés qui n’étaient que des vautours hypocrites et ingrats. Chacun n’eut qu’une somme dérisoire, le reste — plutôt coquet — avait été légué à quelque œuvre de bienfaisance. Ce qui avait été révoltant, était qu’elle avait légué un coffret à son arrière-petit-fils Marc ; personne ne comprenait, et on finit par supposer que la vieille sorcière était devenue gâteuse sans que personne ne s’en fût douté. Apparemment, personne n’avait suspecté le lien complice entre le gamin et son arrière-grand-mère. Et d’ailleurs, qu’était cette boîte ouvragée qui ne s’ouvrait même pas ? Il n’y avait aucune serrure, mais elle contenait quelque chose, les parents de Marc s’en étaient assurés en la secouant. Dépités, ils pensèrent qu’elle ne contenait que des souvenirs futiles, et ils finirent par la donner à Marc qui s’en empara comme du plus précieux objet au monde.
 

 

Le petit garçon était raisonnable, pour son âge. Il s’était contraint à maîtriser sa curiosité et ignorer le coffret jusqu’aux vacances. Il se doutait qu’il aurait besoin de beaucoup de temps pour en déchiffrer le secret. En attendant, il reprit son train-train quotidien, enfin il essaya. Il avait le cœur lourd, il ne se rendait pas compte que son comportement avait insensiblement changé, il devint un peu plus renfermé.

 

Les vacances étaient arrivées. La famille de Marc projetait d’aller à la plage. Le gamin était ennuyé, il avait prévu consacrer ses vacances au coffret.

 

« Mais mon petit Marc, il te faut des vacances, je sais que tu as travaillé dur, peut-être plus que tes frères et sœurs, il faut que tu décompresses, mon poussin.

— M’man, je t’assure que je suis bien, je n’ai pas eu à me forcer. S’il te plaît, laisse-moi passer mes vacances chez tatie Yvette.

— Mais elle vit seule, tu n’auras pas de compagnon de jeu.

— Ça ne fait rien m’man, je sais toujours m’occuper.

— Oh, mon petit intello… Bon, on va voir ce que ton père va dire. »

 

Marc eut gain de cause. Son père, peut-être perturbé par la précocité et l’intelligence particulière de son puiné, n’éleva aucune objection. De toute façon, il n’était pas très à l’aise avec ce curieux gamin, avec ses questions déstabilisantes. Ses enfants étaient tous différents, mais Marc était… plus différent.

 

La tante Yvette, une vieille fille de la trentaine, pourtant une si gentille dame au cœur sur la main, était ravie d’avoir son neveu Marc, le plus tranquille de ses neveux, et serviable avec ça ; il savait éplucher et couper les légumes convenablement, il faisait la vaisselle de lui-même… Et sa conversation était passionnante, rendant les choses sérieuses si faciles à comprendre. C’était un sacré gamin.

 

Le coffret était en bois sculpté. On ne trouvait pas de solution de continuité, c’était comme si la boîte était d’un seul bloc. Pourtant elle était creuse, il y avait quelque chose dedans, et si on avait pu l’y introduire, il était logiquement possible de l’y sortir. Marc examina l’objet sous toutes ses coutures. Il y avait des inscriptions, une sorte d’écriture étrange qu’il n’avait jamais vue.

 

A suivre

 

RAHAЯ

 

OPPROBRE - 2/5 - RAHAR
Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

Partager cet article

Repost 0