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LE FIL D'ARIANE - ILLUSTRATION TROUVEE SUR : http://www.devoir-de-philosophie.com/encyclopedie/naxos-grec-naxos-plus-grande-ile-archipel-grec-des-cyclades-plus-montagneuse-2860751-1.html

LE FIL D'ARIANE - ILLUSTRATION TROUVEE SUR : http://www.devoir-de-philosophie.com/encyclopedie/naxos-grec-naxos-plus-grande-ile-archipel-grec-des-cyclades-plus-montagneuse-2860751-1.html

En regardant l’horloge digitale affichée sur son casque, il constata qu’il avait pris un retard de quinze minutes sur son programme, ce qui l’étonna : il pensa n’avoir passé qu’une vingtaine de minutes dans le bâtiment cubique. Enfin, plus tard, on verrait sur les enregistrements et les photos comment il avait dépensé son temps, mais maintenant, il fallait qu’il accélérât le mouvement.

 

Il s’arrêta au pied du gigantesque obélisque. Levant la tête, il essaya d’en distinguer le sommet biseauté. Bien entendu, il ne le vit pas. Puis il ressentit une sorte d’étourdissement, à force de lever la tête. Il se reprit et fit le tour du monument titanesque. Il constata que l’obélisque était entièrement artificiel, le bloc blanchâtre était parfaitement poli, et ses quatre arêtes étaient nettement marquées, préservées de toute érosion. En touchant l’artefact, John ressentit une énergie inimaginable, malgré la barrière des gants de sa combinaison. Il tressaillit et éprouva un vertige inattendu ; sa conscience sembla s’étendre à l’infini, des bribes de souvenirs extraordinairement nettes l’assaillirent. Il se revit enfant, jouant avec ses camarades ; il fut projeté dans la cafétéria de son école, assistant à une remise de prix ; il rampait dans la boue au cours du bizutage de la fac ; il marchait au pas, dans la cour de l’école des officiers : il ressentit l’ivresse indescriptible de la vitesse, aux commandes d’un B2 furtif…

 

Il se réveilla brusquement de sa transe, et après quelques secondes de désorientation, il décida de continuer sa mission. L’obélisque ne portait aucune inscription. Comment l’avait-on donc érigé, et d’où venait-il ? La face où John avait atterri ne présentait pas de signe de creusement ni de débris ; il se dirigea de l’autre côté de l’astéroïde. Là non plus, il ne trouva aucun chantier d’où pouvait avoir été façonné le monument. Mais comment avait-il donc été amené ici ? Quel était donc son propos ? Était-ce une sorte de quelconque antenne émettrice d’énergie ? Et dans quel but ?

 

En jetant un regard sur l’horloge, il fut effaré de constater qu’il avait encore perdu un bon quart d’heure sur son horaire. Exaspéré, il se dépêcha de rejoindre la navette. Négligeant la marche, il se décida à faire des bonds. C’était dangereux, mais d’une part, le solide filin qui se rembobinait le reliait toujours à l’appareil, et d’autre part, son petit réacteur portable l’aidait à ne pas dériver loin de l’astéroïde. Un bond mal calculé fit se tendre le filin, et l’astronaute compensa précipitamment avec le réacteur. Énervé, il fit durer un peu trop le jet et se retrouva projeté au sol assez violemment. Il sacra abondamment et injustement contre Rodney, le concepteur du réacteur. Enfin, il finit par progresser plus prudemment.

 

De retour dans la navette, respectant son programme, John prépara son déjeuner. Il prit une canette de boisson, un sachet de « dessert », et ouvrit un sachet de pâte nutritive. Il en trouva le goût infect et grimaça en proférant des obscénités à l’encontre de Ford, le logisticien de la base. Un observateur extérieur serait intrigué par ce comportement, car les techniciens nutritionnistes s’étaient creusé la cervelle pour élaborer des aliments dont le goût compenserait largement l’aspect quelque peu rébarbatif des rations, en tenant compte des préférences des sujets. John faillit vomir après avoir goûté le liquide vitaminé et énergisant d’une canette ; il la referma en jurant. Le « dessert » était un mélange écœurant de purée de fruits. Il pesta exagérément contre le docteur Carson, le nutritionniste de la NASA.

 

Durant le voyage de retour, l’enregistreur de bord capta des marmonnements et des marmottements indistincts, ponctués parfois de grognements impatients. Plus tard, en les réécoutant, John en fut lui-même étonné et ne se rappelait pas les avoir produits. Et ce fut un astronaute serein et souriant qui atterrit sur la longue piste de la base.

 

A suivre

 

RAHAЯ

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
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