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Envolons-nous, cette fois-ci encore, dans l'espace ! Mais je ne pourrai plus affirmer tranquillement que je n'ai peur de rien, assise derrière mon écran. On va le découvrir, on n'est parfois à l'abri nulle part ! Merci beaucoup et bravo, maître Rahar !
Note de Lenaïg

RÉALITÉ PSEUDO-VIRTUELLE - 1/4 - RAHAR

http://astronomynow.com/2015/01/17/asteroid-to-fly-close-by-earth-safely-on-26thjanuary/

***

Le voici donc ce satané astéroïde. Le colonel John Sheppard joua des rétrofusées pour essayer d’atterrir sans casse sur cet objet patatoïde d’à peu près cinq cents mètres de long sur à peine une centaine de largeur. Il ne récolterait même pas d’honneur en cas de succès, ni de reconnaissance en cas d’échec de cette mission conjointe de la NASA et d’un département de l’Armée — dont il ignorait lequel, et ne s’en souciait pas trop — sous couvert de recensement des plus gros astéroïdes du système solaire.

 

Une image, non divulguée, prise par Hubble au cours de son odyssée, avait suscité la curiosité des quelques scientifiques mis dans le secret : il y avait sur cet astéroïde une sorte d’obélisque haute d’une centaine de mètres, à vue de nez, qu’il serait très difficile de qualifier de naturel, et d’un bloc cubique d’une vingtaine de mètres de côté. Évidemment, la nature pouvait créer des cristaux cubiques, mais absolument pas de cette taille.

 

Annoncer au public que des extraterrestres avaient visité le système solaire pouvait provoquer la panique, faire s’effondrer la Bourse, et pour le moins faire tourner le lait des vaches. Il existait bien une frange de la population qui se doutait de la vérité, et c’était déjà trop. D’autre part, les militaires étaient très intéressés par l’éventuelle découverte de quelque arme nouvelle qui pourrait être déterminante pour leur recherche de suprématie.

 

Le quadragénaire colonel John était un bon petit soldat, obéissant sans rechigner et sans trop se poser de question aux ordres. Sa navette avait été propulsée par une bonne vieille fusée Saturne dont les monstrueuses vibrations, avec leurs sournoises harmoniques, perturbaient tout son organisme, au risque fort probable de le priver d’une descendance future. Il avait en tout et pour tout, trois heures pour explorer le fameux astéroïde, découvrir la nature des constructions et trouver quelque chose d’intéressant… surtout d’ordre militaire.

 

Tout en s’efforçant laborieusement de poser sans casse la navette sur l’énorme bloc rocheux, John fut ébloui par une sorte de gigantesque éclaboussure en étoile d’un blanc étonnamment brillant sur l’astéroïde, comme si une main gigantesque avait lancé quelque bombe sur l’objet céleste, décapant la roche et révélant une couche étrangement blanche. L’astronaute n’était pas un géologue, et il se contenta d’admirer le prodige et d’en prendre des clichés.

 

Il réussit à se poser non loin de la construction (il n’y avait pas d’autre mot approprié) cubique, mit son casque et sortit. Il vérifia la fixation du fin filin (son fil d’Ariane) qui le rattachait à la navette ; ainsi, il pourrait toujours rejoindre l’appareil, en cas de fausse manœuvre sur ce bout de rocher à la gravité insignifiante. Il examina curieusement la sorte d’éclaboussure et constata que le sol était comme décapé et vitrifié, laissant à nu une roche blanchâtre, comme si des réacteurs de vaisseau avait décollé de là.

 

En se déplaçant comme sur des œufs, évitant tout rebond, John rejoignit la bâtisse cubique. Il vit une ouverture beaucoup plus haute que large, sans porte, ce qui le surprit. En essayant d’entrer, il se heurta à un mur invisible plutôt élastique. Son esprit de physicien lui fit supposer qu’il était devant un champ de force. Sur une intuition, il avança doucement la main. Elle traversa la barrière énergétique. Alors il s’insinua lentement à travers la porte invisible, comme s’il entrait dans une matière gélatineuse qui s’opposait à une force brute.

 

Aussitôt qu’il eut passé le seuil, l’immense salle s’éclaira d’une lumière crue, presque éblouissante. John s’en étonna à peine, il éteignit sa puissante torche, économisant sa batterie. Il prit soudain conscience de la gravité qui s’approchait de ce qui était normal pour lui, en constatant une certaine lourdeur et que son estomac pesait. Il consulta les instruments intégrés à son scaphandre, et constata la présence d’une atmosphère respirable dans le bâtiment. Il n’y avait aucun mouvement d’air et il conclut qu’il n’y avait pas de fuite, ce qui l’incita à ôter son casque qu’il posa par terre. L’air était d’une pureté banale.

 

Autant que son regard pût porter, il constata que le vaste local était encombré par diverses grosses machines. Bien qu’étant ingénieur, l’astronaute n’avait aucune idée de leur nature ni de leur fonction. Il se demanda en passant, si la NASA ou l’armée seraient assez intéressés pour essayer de les récupérer pour les étudier. Au pire des cas, elles pourraient n’être que des friteuses ou des épurateurs aliens. Un peu blasé, il essaya de rejoindre le centre, vérifiant que son filin se déroulait sans incident.

 

Le centre était dégagé sur une vingtaine de mètres carrés. Au milieu, John vit une sorte de piédestal sur lequel flottait une espèce de boule énergétique bleue ; c’était comme une boule de feu contenu dans une sphère. Vraiment insolite. L’astronaute s’approcha et examina l’intrigant phénomène. Il constata que la boule n’était pas enfermée dans quelque sphère de verre comme il le supposait, il vit des étincelles éphémères à l’intérieur de la boule d’énergie.

 

John était fasciné. Il ne sut pas combien de temps il resta là à contempler cette belle boule bleue et la danse de ses étincelles. Il était comme hypnotisé et un petit filet de bave dégoulina de sa bouche légèrement bée. Puis sur une impulsion irrépressible, il ôta son gant, avança un doigt et toucha la boule. Un choc fantastique le projeta plusieurs mètres en arrière, et il atterrit sur le dos, sa tête cognant le sol. Il fut étourdi un moment, avant de se redresser en secouant la tête. Il regarda son doigt. Il n’avait rien. S’ébrouant, il se leva, ramassa son gant et le remit en vérifiant son étanchéité. Mais qu’est-ce qui lui avait donc pris de faire cet acte insensé, en dépit de toute prudence ?

 

Se reprenant, il prit des clichés et enregistra une vidéo de l’étrange boule tout en faisant un panoramique de la salle. Estimant avoir satisfait sa curiosité, l’astronaute se proposa d’aller examiner le fameux obélisque. Il rejoignit la sortie en rembobinant son filin. Il remit son casque et retraversa le champ de force visqueux. La disparition de la gravité artificielle le déstabilisa un instant, et il faillit s’envoler. Il retoucha sol grâce au petit réacteur portable dont il avait été heureusement doté, justement en prévision de ce genre d’incident.

 

A suivre

 

RAHAЯ

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

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