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"Quelles limites à la liberté d'expression ?" - Café philo jeudi 28 mai

Une des toiles de l'artiste Yves Krief pour une exposition :


"qui restera, hélas virtuelle puisqu'elle n’intéresserait aucune des galeries avec lesquelles je travaille.

Deux raisons : Le très respectable et cohérent manque de courage économique lié au sujet abordé, même sous forme de métaphore le voile n'est pas vendeur. A cela vient s'ajouter une peur des conséquences induites par l’ambiguïté réelle de ce travail qui gène la plupart, tout en séduisant ou en exacerbant les extrêmes."

 

Je crois avoir choisi la toile la plus "soft". Son expo "virtuelle" est visible sur facebook, j'ai lu ses propres commentaires de son oeuvre, mon point de vue souvent rejoint le sien. Sur cette toile-ci, moi je suis frappée, non pas tant par les deux ombres noires très discrètes que par les petites taches de couleur du drapeau français (on sait ainsi où on est) et du panneau de sens interdit.
 

***

Veut-on que je dise le fond simple de ma pensée ? Qu'on ne le veuille pas, c'est pareil, je vais le dire quand même, sinon ce billet n'existerait pas ! Donc, j'exerce ainsi ma liberté d'expression, par ce billet, en sachant que je dois peser mes mots avant de les taper et que, par ailleurs, personne n'est obligé de me lire. Alors, voici : la liberté d'expression ne peut se concrétiser qu'en privé ! Dans le secret de chaumières reculées, entre gens de confiance, loin des écoutes téléphoniques, des délires d'internet ... Sinon, tout ce qu'on dit est disséqué, déformé, trituré !

La parole n'a peut-être jamais été aussi libre (sauf dans les pays sous dictatures et ce régime a encore belle vie ... La faute à qui ? A ceux qui mettent les tyrans au pouvoir, pas seulement par le vote, loin de là). Jamais aussi libre, donc, mais aussi jamais aussi muselée ! Libre de s'envoler par-delà les frontières à travers les media, muselée sur son chemin par tous ceux à qui elle ne plaira pas !

Là, je nous ai fait "du général", je passe au particulier : quand je sors dans ma rue et que je suis nez à nez avec les soldats en armes (et les soldats en armes, disséminés dans Paris, ne protègent malgré tout pas les moindres recoins de la ville), je sais -qu'on me croie !-, où se situe actuellement ma liberté d'expression, parce que je préfèrerais avoir si possible une fin de vie plus douce qu'un coup de couteau dans le dos ou pire. Je ne peux pas afficher ma désapprobation de ces longs voiles noirs masquant le corps et la moitié du visage de certaines femmes, pratiquement toutes jeunes, grosses godasses et mains gantées en renfort, qui semblent pulluler de plus belle (j'ai failli mettre "refleurir" mais c'est là que le bât blesse ...). Je ne dois pas en parler aux autres non plus ! Pourtant, je suis révoltée devant ce parti pris, ou cette obligation, de se nier, en tant que femme et être humain, et par ce que ce symbole en noir maintenant charrie d'horreurs et de mort ... Alors, comme j'en ai déjà trop dit, je termine là-dessus ce premier billet que j'espère faire suivre au moins d'un autre si les idées me viennent (pas sûr !). Je n'ai pas l'étoffe d'une héroïne, je suis en colère et j'ai peur. C'étaient les limites à ma liberté d'expression sur le vif !

Lenaïg

Tag(s) : #Essais

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