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Une nouvelle "nouvelle" de Rahar, qui nous promène dans le mystère des pierres mégalithiques à travers le monde mais, attention, les pistes s'entremêlent ! Le dénouement de l'histoire n'est peut-être pas dans les pierres, ce qui n'empêche pas Rahar de souligner que les explications ne sont qu'hypothèses et qu'on a peut-être tort d'en écarter certaines ... Hum, au Costa Rica il semblerait par ailleurs que les insectes sont "rois" (de par leur nombre) et que beaucoup d'entre eux piquent, causant plus ou moins de dommages. Des insectes ? Seulement ? Brrrrr !
Note de Lenaïg

http://fr.dreamstime.com/photos-libres-de-droits-site-archologique-angleterre-de-stonehenge-image33184658

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Robert Osseyne et Nicole Quidemane étaient des archéologues. Ils envisageaient la rédaction d’un énième ouvrage sur les mystères des technologies antédiluviennes. Ils avaient déjà examiné le site de Stonehenge. Ils étaient assez fortunés pour ne pas se soucier de bousculer l’establishment qui fixait les dogmes et excommuniait et écrasait tous ceux qui osaient les remettre en cause ; les rares apostats n’avaient plus trouvé de financement pour leurs recherches. La théorie des deux iconoclastes était que c’étaient les géants qui avaient construit cette monstrueuse horloge astronomique en gigantesques pierres. En effet, l’explication la plus simple étant la meilleure, et comme l’existence des anciens géants avait été prouvée par la découverte de leurs ossements un peu partout dans le monde, il était sensé de conclure que c’étaient eux qui avaient transporté et placé des blocs de leur taille. Il était illogique de penser qu’on aurait pu mobiliser des centaines d’humains normaux pour cette tâche titanesque ; et puis, quid de l’organisation logistique ? Si c’était le cas, il aurait fallu nourrir toutes ces bouches, et ce n’était pas évident, à cette époque reculée.

Un séjour en Égypte leur avait permis d’étudier les trois pyramides, prétendument des tombes de pharaons, où, soit-dit en passant, aucune momie n’avait jamais été trouvées. Les égyptologues s’étaient cassé la tête pour expliquer comment on avait empilé des blocs dont chacun équivalait au poids d’une berline, de taille variée, pour les ajuster de façon qu’on ne pût insérer une lame de rasoir. Il aurait été plus simple d’assembler des blocs identiques, comme on le ferait avec les briques d’aujourd’hui. Néanmoins, des ingénieurs avaient constaté qu’un assemblage de blocs irréguliers résistaient mieux aux cataclysmes, en particulier les séismes. La contrée avait subi plusieurs tremblements de terre, mais les pyramides étaient toujours là, intactes.

Des géologues qui ne se souciaient nullement des théories des égyptologues, avaient découvert que les blocs rocheux n’étaient pas naturels. Leur étude minutieuse avait entraîné la conclusion que c’étaient du matériau moulé ; il était alors normal que les blocs fussent adaptés les uns aux autres, le coulage comblant toute irrégularité. Le temps et l’érosion avaient souligné les points de contact de chaque moulage, donnant l’illusion de blocs empilés séparément.

http://www.unmondeailleurs.net/photo-pyramides-egypte/

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Une excursion en Bosnie avait permis aux deux scientifiques de voir la plus grande pyramide des terres émergées, construite avec du béton de loin supérieur à celui d’aujourd’hui, selon les ingénieurs. À l’intérieur, il y avait un grand bloc ovale de céramique d’au moins une tonne, ce qui laisserait conclure qu’il était antérieur à l’érection de la pyramide qui serait déjà antédiluvienne.

Ils avaient aussi trouvé dans la région, des sphères de pierre, identiques à celles du Costa Rica, sauf que là, elles étaient en granit, alors que celles méso-américaines étaient en gabbro, en calcaire ou en grès. On en aurait découvert moins d’une cinquantaine, et personne n’en connaissait pas la signification. Par contre, on avait recensé plus de trois cents au Costa Rica. Les deux archéologues atypiques décidèrent donc d’y aller, pour trouver la signification de leur configuration et essayer de déterminer la technologie utilisée pour obtenir ces boules parfaites.

Ils allèrent donc dans la jungle du sud du pays, dans la région du delta du Diquis. La plupart des sphères se trouvaient dans la jungle, certaines à demi ou presque entièrement enfouies. Ce qui laisserait penser que la région était auparavant une plaine, et avait été balayée par quelque monstrueux tsunami généré probablement par la chute d’une météorite gigantesque dans la mer du golfe mexicain. Leur hypothèse était que les boules devaient représenter des constellations. Toutefois, beaucoup de sphères avaient été déplacées par des ignares et des vandales. Cependant, on pouvait encore exploiter celles qui n’avaient pas été touchées. On les marquerait au GPS, pour établir un schéma en espérant que les vides ne seraient pas trop difficiles à combler, et comparer le tout aux constellations.

Curieusement, les indigènes avaient une crainte superstitieuse des zones des sphères, et les archéologues eurent beaucoup de difficulté à recruter des aides. Robert pensait que leur crainte n’était pas fondée, elle avait peut-être été implantée par la tradition orale de l’ancienne tragédie du tsunami, supposé avoir été causé par les dieux mécontents. Nicole était plus circonspecte. La supposition de son collègue était bien sûr plausible, mais n’était pas certaine.

http://www.voyageurs-du-net.com/lieux-magiques-costa-rica-insolite

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Ils avaient déjà relevé la position de plusieurs boules. Nicole avait étrangement du mal à trouver le sommeil. Ce n’était pas à cause de l’excitation du boulot, c’était presque routinier à mourir. Peut-être était-ce à la suite d’une piqûre d’un quelconque insecte exotique. Quoi qu’il en fût, elle se mit à prendre un somnifère pour dormir au camp de base.

Le lendemain, elle eut de la difficulté à se réveiller. Encore dans les brumes, elle alla se débarbouiller. Elle revint pour arranger son lit, quand elle constata avec surprise une tache de sang sur son oreiller. Et merde ! Elle avait peut-être dû saigner du nez, cette nuit. Et elle s’était lavée le visage en fermant les yeux ; enfin, le saignement avait dû s’arrêter de lui-même.

Toute la journée, Nicole ne s’était pas senti très en forme. Robert s’en était aperçu et tout de même soucieux de la santé de sa collègue, lui demanda ce qui n’allait pas. Il l’examina et trouva à son cou une petite entaille. C’était peut-être fait par un insecte quelconque. On avait répertorié la faune de l’Amérique Centrale, mais pas entièrement. Encore pire, il n’existe d’anti venin que pour quelques reptiles venimeux. Comme pis-aller, l’archéologue administra à sa collègue de l’antibiotique et un fébrifuge.

Le lendemain, Nicole qui avait encore pris son somnifère, se réveilla plus patraque encore que la veille. Elle retrouva encore du sang sur son oreiller, mais son esprit embrumé était comme indifférent et ne s’y attacha pas. L’insecte en question avait peut-être injecté quelque anticoagulant et sa blessure ne voulait pas fermer. Le sang avait dû imbiber goutte à goutte l’oreiller. Elle prit de l’amphétamine pour se doper. Toute à sa passion, elle ne voulait rater aucune opportunité ; bien que le travail de repérage parût fastidieux, quelque trouvaille inattendue pourrait se présenter. C’était artificiellement alerte qu’elle accompagna son collègue.

Trompé par l’état fallacieusement normal de sa collègue, Robert s’était concentré sur leurs activités. Ils avaient trouvé plusieurs boules de pierre, de diverses dimensions, la plupart presque entièrement ou partiellement enfouies. Malheureusement, la plupart de celles qui ne l’étaient pas, avaient été déplacées, faussant ainsi la configuration originelle. Néanmoins, l’archéologue espérait que le schéma final serait tout de même compréhensible, en extrapolant.

Le jour suivant, il ne fut plus possible de cacher l’état anémique de Nicole. Celle-ci pensa à la crainte superstitieuse des Indiens. La région des sphères était-elle vraiment maudite ? Et en plus, était-elle misogyne ? Ni Robert, ni les aides indigènes n’avaient été infectés. Elle ne croyait pas vraiment en quelque insecte venimeux, elle n’avait aucune plaie infectée ou non, elle n’avait mal nulle part. Elle était tout simplement affaiblie sans cause visible. Mais cette fois, l’oreiller n’était pas le seul à être tachée, il y avait aussi du sang au pied du lit, et elle vit une trace de sang à son pied. Robert fut intraitable, Nicole devait rester au camp. Malheureusement, aucun d’eux n’avait de formation médicale, et il n’y avait aucun vrai reconstituant dans leur pharmacie de fortune, ni dans leur provision. Elle devrait attendre le retour vers la civilisation, en espérant que l’état de l’archéologue ne s’empirât pas.

http://www.routard.com/photos/costa_rica/39827-costa_rica_pays_des_insectes.htm

http://www.routard.com/photos/costa_rica/39827-costa_rica_pays_des_insectes.htm

Tout à son travail, Robert eut une illumination. Si sa supposition s’avérait, il allait devoir se préparer. Le soir, il farfouilla dans leur matériel. Il installa une caméra infrarouge dans la tente de Nicole sans donner d’explication. Celle-ci savait pertinemment que son collègue n’était pas un voyeur, mais avait une idée derrière la tête. De toute manière, elle était trop affaiblie et hébétée pour avoir la force de protester contre quoi que ce soit.

Vers minuit, alors que Robert veillait devant son ordi portable relayant les images de la caméra, il vit s’animer la moustiquaire de Nicole. Avec horreur, il distingua une forme de la grosseur d’un chat, se couler vers le cou de la jeune femme. Une autre forme suivit, puis une autre. Elles faisaient la queue. Une autre plus petite surgit et se dirigea vers les pieds mal couverts. L’archéologue se rua vers la tente de sa collègue avec une puissante torche. En écartant la moustiquaire, il tomba avec dégoût sur quatre chauves-souris. Il arracha le tissu alvéolé et y emprisonna les bestioles, réveillant brusquement Nicole. Celle-ci alluma sa lampe à pétrole et la tente s’illumina.

Ils n’étaient pas des biologistes, mais ils surent qu’ils avaient capturé des vampires. Ils se souvinrent alors que le Costa Rica hébergeait ces horribles bêtes. Mais trois des spécimens étaient d’une taille anormalement grande. Ils avaient l’aspect du Desmodus rotundus, mais mesuraient une trentaine de centimètre, contre une dizaine pour le quatrième spécimen qui semblait normal pour cette espèce. L’individu ordinaire ingurgitait normalement une vingtaine de millilitres de sang, mais ces trois monstres devaient absorber beaucoup plus. Il n’était pas exclus que d’autres individus du même acabit fussent dehors, en attente. Voilà pourquoi Nicole avait été anémiée ; en outre, son moustiquaire ne tombait pas jusqu’au sol.

Il paraîtrait que ces bestioles, confrontées aux humains, auraient une préférence pour les enfants d’abord, puis pour les femmes, et ne s’attaquaient aux hommes que par défaut. Concernant ses captives, Robert n’était pas sûr si elles avaient muté ou bien étaient d’une espèce non encore répertoriée. Dans ce dernier cas, il était possible que leur salive, outre un anticoagulant, pouvait aussi contenir quelque substance toxique qui affaiblissait la proie.

Dans le doute, Robert jugea sage de rejoindre la civilisation pour que Nicole reçût les soins appropriés. De toute façon, les données acquises étaient suffisantes pour une exploitation décente. Mais il n’eut pas la présence d’esprit de garder un spécimen pour le montrer à un biologiste. C’était malheureux, mais cela montrait le cloisonnement déplorable des disciplines.

 

RAHAЯ

http://www.frawsy.com/mammiferes-chauve-souris-vampire-a103359753

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Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

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