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LA MAISON ET L'ETABLISSEMENT DE JULES D'ALCANTARA FLEURISTE A MONTREAL, PHOTOS DE BENJAMIN FORJAT ET NATHALIE HURTUBISE :  http://www.urbexplayground.com/fr/urbex/jules-dalcantara-fleuriste

LA MAISON ET L'ETABLISSEMENT DE JULES D'ALCANTARA FLEURISTE A MONTREAL, PHOTOS DE BENJAMIN FORJAT ET NATHALIE HURTUBISE : http://www.urbexplayground.com/fr/urbex/jules-dalcantara-fleuriste

La bâtisse était presque encombrée par une machinerie antédiluvienne et des étals, seule une partie avec étage avait été aménagée en bureaux. Il y avait partout des crottes de petits animaux. Dans les bureaux, le mobilier en bois tombait en ruine. Une salle à l’arrière avait servi de dortoir, mais les lits de bois s’étaient écroulés, et les lits picot avaient rouillé. Ils trouvèrent des draps sales et déchirés, ainsi que des loques de couvertures effrangées et sentant fort le moisi.

Brian poussa un cri de surprise. Dans un coin du dortoir, il avait trouvé un havresac et une torche noire cabossée. En en déballant le contenu, ils trouvèrent un tee-shirt sale et puant la sueur, un polo à l’avenant, deux caleçons qui ne sentaient pas la rose, deux barres chocolatées périmées, un couteau suisse, un briquet à moitié vide, un mégot précieusement gardé dans son paquet, une brochure toute écornée d’un hôtel de Vancouver, une carte tachée de graisse de la province, une carte de visite au nom de Jean-Marie Bonaventure, écrivain, et une page pliée de Playboy avec la photo d’une pinup. Une poche contenait un carnet de notes et un stylo. La dernière note datait d’une dizaine de mois.

Visiblement, quelqu’un était venu ici récemment, mais apparemment, il avait laissé son sac. C’était incompréhensible, pour les vêtements cela passait encore, mais on n’aurait pas abandonné un document probablement de valeur. Ou bien le quidam serait-il parti en catastrophe ? Et pourquoi ?

Le briquet et le couteau suisse étaient les bienvenus, ils pourraient faire du feu pour se réchauffer et cuire quelque gibier… qu’il fallait encore chasser. Le bois n’était pas un problème, le reste du mobilier ferait l’affaire. Les filles allaient donc se débrouiller pour essayer d’aménager leur abri. Les garçons devaient chasser ou pêcher, et en profiter pour faire une exploration sommaire de l’îlot. Ils prirent chacun un pied de table en guise de gourdin.

Alors qu’ils avaient fait quelques pas dans le bois, Brian ressentit une sorte de malaise. Il se sentait oppressé, comme s’ils étaient observés. Il ne voulut pas passer pour une mauviette aux yeux de son prestigieux compagnon et ne partagea donc pas ses sensations. Ils débouchèrent dans une petite clairière qu’ils explorèrent du regard. Bill distingua une pierre étrangement blanche en grande partie enfouie et s’en approcha. Il eut un recul instinctif : c’était la calotte d’un crâne humain. De son côté, Brian s’approchait d’un énorme tronc pourri couvert de mousse qui présentait une drôle de branche. Avec une exclamation d’horreur, il vit que c’était une main décharnée et brunie ; derrière, il vit qu’elle était rattachée à une momie étrangement conservée. Les deux jeunes gens se demandaient comment cette conservation insolite dans un environnement nullement désertique était possible, ils n’étaient ni biologistes, ni médecins, mais la momie était vêtue d’habits des débuts du XXe siècle. Les lèvres rétractées sur des dents jaunies, donnaient un air sardonique au visage parcheminé dont les yeux ratatinés comme des raisins secs et enfoncés soulignaient le caractère démoniaque. Pourquoi ne lui avait-on donc pas donné une sépulture décente ?

Du coin de l’œil, Brian perçut comme un mouvement dans la brume. Il se retourna, mais ne vit rien. Il se dit qu’il avait halluciné, déjà que l’environnement fantomatique était assez déprimant. Bill vit aussi une autre momie dans une petite dépression. À première vue, sa poitrine avait été défoncée, comme l’autre, ce qui avait probablement été la cause de sa mort. Les anciens ouvriers s’étaient-ils massacrés ? Et pourquoi ? Un homme aurait pu être tué par une bête sauvage, comme un ours, et dévoré, mais Bill doutait qu’un tel plantigrade pût vivre ici, sur cet îlot dérisoire. Une maladie pourrait être envisagée ; mais même dans ce cas, on aurait enterré ou brûlé les corps.

 

A suivre

 

RAHAЯ

MOMIE, CHOIX D'ILLUSTRATION DE RAHAR

MOMIE, CHOIX D'ILLUSTRATION DE RAHAR

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar

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