Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Hugo

Pour ce mercredi du jour de récréation, j’offre une sélection de copies. Des copies écrites par l’unique Hugo, qui a su raconter à son époque, l’histoire du prix de la LIBERTÉ.

http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=234

http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=234

La conscience, c'est le chaos des chimères, des convoitises et des tentations, la fournaise des rêves, l'antre des idées dont on a honte ; c'est le pandémonium des sophismes, c'est le champ de bataille des passions

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Lacroix, 1866, t. I (« Fantine »), chap. III (« Une tempête sous un crâne »), livre VII (« L'affaire Champmathieu »), p. 123 (texte intégral sur Wikisource)

 

Des enfantillages, des redites, des rires pour rien, des inutilités, des niaiseries, tout ce qu'il y a au monde de plus sublime et de plus profond ! Les seules choses qui vaillent la peine d'être dites et d'être écoutées ! Ces niaiseries-là, ces pauvretés-là l'homme qui ne les a jamais prononcées, est un imbécile et un méchant homme.

Les Misérables, vol. 2, Victor Hugo, éd. Le Livre de Poche, 1998 (ISBN 2-253-09634-2), t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), chap. I (« Pleine lumière »), livre VIII (« Les enchantements et les désolations »), p. 1359 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)

 

Courfeyrac tout à coup aperçut quelqu’un au bas de la barricade, dehors, dans la rue, sous les balles.
 Gavroche avait pris un panier à bouteilles, dans le cabaret, était sorti par la coupure, et était paisiblement occupé à vider dans son panier les gibernes pleines de cartouches des gardes nationaux tués sur le talus de la redoute. 
– Qu’est-ce que tu fais là ? 
– Citoyen, j’emplis mon panier.
 – Tu ne vois donc pas la mitraille ?
 – Eh bien, il pleut. Après ? 
– Rentre !
 – Tout à l’heure, fit Gavroche. […].
 Au moment où Gavroche débarrassait de ses cartouches un sergent gisant près d’une borne, une balle frappa le cadavre. 
– Fichtre ! fit Gavroche. Voilà qu’on me tue mes morts.[…], il chanta :
 On est laid à Nanterre,
 C’est la faute à Voltaire, 
Et bête à Palaiseau,
 C’est la faute à Rousseau. 
[…] Là une quatrième balle le manqua encore. Gavroche chanta :
 Je ne suis pas notaire,
 C’est la faute à Voltaire,
 Je suis petit oiseau,
 C’est la faute à Rousseau.
 Une cinquième balle ne réussit qu’à tirer de lui un troisième couplet :
 Joie est mon caractère,
 C’est la faute à Voltaire,
 Misère est mon trousseau, 
C’est la faute à Rousseau. 
Cela continua ainsi quelque temps. Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l’enfant feu follet. […].
 Je suis tombé par terre,
 C’est la faute à Voltaire,
 Le nez dans le ruisseau,
 C’est la faute à…
 Il n’acheva point. Une seconde balle du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler.

 

Être le granit, et douter ! être la statue du châtiment fondue tout d’une pièce dans le moule de la loi, et s’apercevoir subitement qu’on a sous sa mamelle de bronze quelque chose d’absurde et de désobéissant qui ressemble presque à un cœur !

 

Seulement, voilà de cela bien des années déjà, une main y a écrit au crayon ces quatre vers qui sont devenus peu à peu illisibles sous la pluie et la poussière, et qui probablement sont aujourd’hui effacés : 
Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange, 
Il vivait. Il mourut quand il n’eut plus son ange,
 La chose simplement d’elle-même arriva,
 Comme la nuit se fait lorsque le jour s’en va.

 

Respect !

 

Marie Louve

 

Pour la Cour de récré chez Jill

Tag(s) : #Fantaisie et sérieux chez Marie-Louve, #Jeux
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :