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Mes pas me mènent dans le quartier industriel. Beaucoup de bâtiments sont abandonnés et les ruelles sont crasseuses. J’ai même failli marcher sur du caca de chien. Je ne me demande pas pourquoi je suis venu ici, je pense seulement errer au hasard. Mais est-ce vraiment par hasard si je me retrouve devant une fonderie ?

http://www.20minutes.fr/societe/1427187-20140811-video-normandie-trois-ouvriers-approprient-tresor-decouvert-chantier

http://www.20minutes.fr/societe/1427187-20140811-video-normandie-trois-ouvriers-approprient-tresor-decouvert-chantier

Je me gratte la tête. Mon inconscient me jouerait-il des tours ? Machinalement, je mets les mains dans les poches en toisant le bâtiment. Surprise ! Je sens comme une petite clé plate. Je l’examine. C’est une drôle de clef toute tarabiscotée. Très originale. Je me demande pourquoi elle est apparue et ce qu’elle ouvre. Tant que je suis là, je vais voir dans l’usine. Je ne pense pas que ce soit vraiment par hasard que je suis venu ici.

J’allume les lumières, l’électricité n’a pas été coupée. Mais cela a-t-il vraiment été une négligence ? Toutes les lampes me font penser incongrument à des illuminations de Noël. Ironiquement, l’idée me vient qu’il ne manque que le sapin. Je regarde autour de moi. Une couche épaisse de poussière couvre le sol. Du matériel est éparpillé çà et là. Mais qu’est-ce que je viens faire ici ?

Sur une intuition, je ferme les yeux. Un flash traverse mon esprit : les bureaux. Alors je me dirige vers les salles vitrées. Des papiers jonchent le sol, le mobilier est en désordre. Je me dirige vers le bureau du fond. Je vois un coffre-fort. Non, ma clef n’y entre pas. De toute manière, j’ignore ou je ne me rappelle pas (si je l’ai jamais su) la combinaison et il est certain qu’il a été vidé. Je ferme encore les yeux et je me représente l’image des lieux ; un coin du bureau est en surbrillance.

Je ne vois rien. Et puis un souvenir me submerge tout d’un coup : je visualise le plan de l’usine, ce bureau aurait dû être plus large ; une cloison a été rajoutée pour aménager une pièce secrète. Un casier occupe le coin. Je l’examine. Il est comme fixé, je ne peux le bouger. Je vois des classeurs et un vieux dictionnaire poussiéreux. J’enlève celui-ci, et je découvre un petit trou. Sur une inspiration, j’y introduis la clef insolite. Bingo ! il y a une serrure. Bon, mais ça ouvre quoi ?

Je me gratte la barbe. Je tente de tirer à moi le casier. Rien. Je le pousse. Ah ! il recule de quelques centimètres avec un pan du cloison. Et c’est tout. Voyons, réfléchissons. Le casier ne pivote pas, il ne fait que reculer. Et s’il coulissait ? Je le pousse de côté. Et voilà ! Je me glisse dans l’étroite ouverture et ma main qui tâtonnait le mur, rencontre un interrupteur et j’allume.

Je reste figé, la mâchoire pendante. Devant moi brille une pyramide de lingots d’or. Wow, un trésor faramineux !. Je suis riche !... Puis la lucidité me revient comme une douche froide. Comment pourrais-je profiter de ce pactole sans papiers ? Un prêteur sur gage aurait tôt fait de m’arnaquer. Derrière la pyramide, je vois un calepin. J’y relève une cinq centaine de noms avec des adresses ? Seraient-ils des gens qui ont été spoliés ? Mais enfin, qui étais-je donc ? Logiquement, si j’étais en possession de la clé, je serais donc propriétaire de cet or… auquel pourtant je ne peux toucher. Découragé, je sors et referme le cache. Que vais-je faire ? Enfin, le plus urgent est de retrouver mes souvenirs.

 

J’erre comme une âme en peine à travers la ville. Je jette un regard mélancolique aux vitrines achalandées. Cela ne fait même pas ressurgir en moi des souvenirs d’enfance. Les rares gamins qui s’attardent devant les magasins de jouet se font enguirlander par des parents frustrés dont les moyens ne suivent pas, et bien évidemment, il ne faut pas parler de vacances.

Partout où je vais, je ne vois que des visages tristes ou renfrognés. Les gens ont cet air résigné des moutons menés à l’abattoir. Et pourtant, beaucoup se montrent généreux : la plupart se fendent de quelques pièces pour les mendiants qui se sont multipliés, paraît-il.

Il est pas loin de vingt heures et la faim me tenaille. Je m’arrête devant un stand de hot-dog. J’ai beau tâter mes poches, je ne trouve que ma clef. Pas de piécette magique. Je fixe, impuissant, salivant et le ventre gargouillant, les alléchants sandwiches. Le vendeur finit par me remarquer, et après un petit moment, il me fait signe.

A suivre !

RAHAЯ

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
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