Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tuilage = chevauchement ! - Photo de Lilismiled et lien vers son blog : http://www.renover-soi-meme.com/article-tuilage-et-raccord-de-la-derniere-partie-123583700.html

Tuilage = chevauchement ! - Photo de Lilismiled et lien vers son blog : http://www.renover-soi-meme.com/article-tuilage-et-raccord-de-la-derniere-partie-123583700.html

Tuilage ? Qu'est-ce que c'est ?

Pouvait-on qualifier de "fuite" mon envie constante de changement d'air, entre l'âge de vingt-cinq et trente-cinq ans ? Oh, on pouvait toujours, on pouvait me critiquer, de ne pas me fixer quelque part, avec quelqu'un, et de faire des enfants ! Etait-ce ma timidité, mes doutes, mes incertitudes, que je voulais semer derrière moi ? Pourtant je les retrouvais, à chaque fois, presque palpables ! J'avais déjà basculé, du confort très très relatif de l'enseignement dans le monde de l'entreprise et, depuis, j'en arrivais à mon sixième changement, de lieux de vie et de travail, au gré d'un naufrage de société avalée par une plus grosse, qui me jetait dans la charrette des licenciements, ceci après avoir vécu des moments tout de même intenses et le bonheur de quitter mon appartement le matin pour retrouver mon bureau, ce qui ne fut pas toujours le cas. Au gré aussi de mes propres démissions ; eh oui, cela m'arriva, une fois furieuse à juste titre qu'on m'ait bernée au recrutement et que je me retrouve à un poste moindre, mal acceptée et sans aucune formation, parce que le poste d'assistante bilingue venait d'être attribuée à la nièce du président ; je pris congé, refusant les sournoises humiliations, munie d'un solide argument pour ce faire ! Une autre fois parce que je m'étais sentie écrasée, épouvantée par la tâche qu'on voulait m'attribuer et que le grand manitou, un Britannique très volumineux, excentriquement habillé (mais cet ours n'avait rien de tendre) émettait ouvertement des doutes, face à ma jeunesse, sur mes capacités, tout en s'émerveillant que je comprenne et parle si bien l'anglais, alors que le DRH qui m'avait fait passer des tests pointus croyait en moi et, sympa, fit preuve d'une incroyable humanité pour que je parte sans être pénalisée. Je ne cite pas ces expériences dans l'ordre chronologique, la dernière décrite remontant à longtemps, avant que j'obtienne mon premier poste dans le monde du privé. Oh, avant cela, quand je n'avais pas encore quitté mon port natal, on avait voulu que je me présente à un entretien pour un emploi de traductrice sur une plateforme de forage en mer du Nord ! Je crois que je fus lucide de refuser ... Comment aurais-je tenu, si jeune et "mignonne", dans un milieu, confiné, rude, essentiellement d'hommes, n'ayant rien à voir avec un salon feutré d'aristocrates ? D'ailleurs je n'aurais pas été plus à l'aise dans un salon d'aristocrates ! Bien sûr, je l'ignore puisque je n'ai pas tenté ; je reste convaincue que je me suis épargné une ... tragédie personnelle ! Maintenant, tombant (boum !) sur le mot tuilage, inconnu à mon bataillon, j'en cherchais la signification et je retins celle-ci, cueillie sur Wikipedia : "Le tuilage est une technique de formation consistant à faire former une personne par la personne occupant précédemment le poste. En général, il y a chevauchement sur une période plus ou moins longue des deux personnes sur le même poste." Ah, mais moi aussi, je fus "tuilée", une autre fois, pendant une semaine, par l'assistante bilingue en partance d'une nouvelle PME. Atmosphère à la fois confortable et pleine d'interrogations ! Pourquoi démissionnait-elle, de son propre chef, au bout d'un certain nombre d'années, sans avoir trouvé autre chose ? Je ne réussis pas à obtenir d'explication claire mais je sentis qu'il y avait désormais incompatibilité d'humeur avec les deux patrons, qui allaient être les miens ... Aux questions que je pouvais poser, concernant les habitudes, les préférences de ceux-ci, elle m'émettait régulièrement la même réponse : "Vous verrez, comment ils sont !" La formation fut intense et bénéfique, merci au passage à cette jeune femme, qui ne déjeunait jamais avec les membres de la société, s'échappait, me laissant découvrir par moi-même les diverses personnalités. Dans les allées de ma résidence, en lançant une pomme de pin au charmant chien du voisin, voici que je repense à mon anxiété, lorsque je pris mon poste, seule ! Je me trouvais submergée de dossiers, je fis des heures sup' volontaires et gratuites, nécessité oblige, je passai tout l'administratif sur informatique, je fis connaissance avec les représentants français, les fournisseurs étrangers ; dans l'ensemble, je jubilais ! J'ai quitté ce monde définitivement maintenant, je suis très proche de la retraite et suis revenue à mes premières amours, des jeunes élèves en anglais qui m'apportent joie et satisfactions.

Lenaïg

Pour le magazine Jetons l'encre, sur facebook.
Mots imposés en gras dans le texte.

Tag(s) : #Jeux
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :