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Bonjour, zaminautes. Rahar revient ! Il va nous révéler sa fibre sentimentale, nous conter une histoire d'amour autant que de science-fiction, nous faire connaître des corsaires cosmiques frondeurs et des personnages féminins tout aussi agissant sur les faits et leurs destins. Plus de Roméo et Juliette condamnés d'avance, pas d'Hélène de Troie ballotée comme une poupée de chiffon non plus ! Découvrons ces nouveaux héros dans la somptueuse ville de Dogul, qui, peut-être, ressemble à l'illustration choisie (moi cela me plairait bien, tous ces jardins suspendus !). La rencontre initiale se fait devant un terkozio de belle facture ! Qu'est-ce que ce terkozio ? Une magnifique poterie exotique, une statuette ? Libre cours à notre imagination ! Pardon de ne toujours pas être très présente devant l'écran, à très bientôt ! Merci beaucoup, Rahar, et bizzz à tous.
Lenaïg

http://fantasticweek.canalblog.com/archives/2009/12/15/16151505.html

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Personne n’a jamais pu affirmer, preuves à l’appui, qui avait vraiment gagné la bataille de Dogul. Chaque faction, selon son degré de chauvinisme, avait clamé et célébré sa victoire. En réalité, ces pauvres marionnettes ne se doutaient aucunement des décisions prises en haut lieu : les politiciens terriens et lorniens avaient envisagé un traité de cogestion des planètes de Dogul, estimant avec une hypocrite lucidité que les pertes de part et d’autre étaient suffisantes.

Dorian avait fait partie de la délégation terrienne pour la signature officielle du traité avec les Lorniens. La rencontre s’était fait sur Vraga pour sa neutralité. Dorian n’était en fait que le second pilote du vaisseau de la marine spatiale, mis à disposition de la délégation. À trente ans, il se demandait toujours pourquoi il n’avait pas été promu commandant et se voir confier son propre vaisseau. Il ne lui était jamais venu à l’esprit, lui qui avait été élevé et éduqué dans un esprit de rigueur et de probité, que le monde ne fonctionnait qu’à coups de népotisme, de corruption et de magouilles diverses.

Les Lorniens, originaires du système de Faumalhaut, étaient des humanoïdes très semblables aux humains. Ils ont seulement le teint olivâtre avec des reflets verts d’un effet fascinant, une chevelure poivre et sel à tout âge, et une beauté irréelle, tant elle semble standard chez ce peuple. Leur degré de civilisation était identique à celui des Terriens ayant atteint le stade des voyages interstellaires.

Logiquement, l’univers était trop vaste pour qu’une civilisation allât se risquer à quelque conflit avec d’autres créatures. Toutefois, les richesses phénoménales de Dogul avaient excité la convoitise de bien de peuples. Comme d’habitude, les militaires avaient pris d’autorité l’initiative, persuadés d’une part qu’ils agissaient par patriotisme, et d’autre part par leur confiance en la supériorité de leur force… en fait, par pure forfanterie. Les politiciens, lucides et parfaitement pragmatiques, avaient laissé ces guignols faire joujou avec leurs pétoires, ne voulant pas se les mettre à dos, les pertes ne seraient pas vraiment significatives, en regard des intérêts en jeu ; ils étaient déjà en train d’étudier et de rédiger les termes d’un traité équitable. Cela était vrai de part et d’autre. Par une louable prévoyance, les diplomates terriens apprirent l’une des langues répandues des Lorniens, et des Lorniens, comme si le même raisonnement animait les deux races, avaient appris l’Anglais.

Alors que les délégations officielles s’étaient retrouvées dans le palais du gouverneur de Vraga, les équipages se promenaient dans la somptueuse ville de Bozar, les uns juste en touristes, les autres cherchant quelques souvenirs à rapporter chez eux. Chacun allait de son côté, communicateur ouvert en cas d’appel urgent.

C’est ainsi que Dorian rencontra Xhara. Leur main se posa en même temps sur un terkozio rare et de facture délicate. L’instinct normal était de retirer vivement sa main, comme si elle avait été brûlée par de la braise, mais un magnétisme inconnu et imprévu avait soudé les leurs. Leur regard se rencontra, un courant passa, ce que tout un chacun pourrait appeler « coup de foudre ». Insensibles à toutes les manigances politiciennes, les deux jeunes gens ne voyaient dans l’autre qu’une créature pensante de même apparence et de même nature. En tout cas, Dorian voyait Xhara comme une Polynésienne bon teint… enfin presque. Avec galanterie, il céda le terkozio à la séduisante Lornienne, mais demanda au marchand où il pourrait en trouver pour lui. Par courtoisie, Dorian s’exprimait en Lornien, et Xhara en Anglais de son côté ; chacun corrigeait gentiment et en riant les fautes inévitables de l’autre. Naturellement, la Lornienne avait proposé d’accompagner le Terrien dans sa quête, elle était aussi anxieuse que lui de trouver un autre terkozio.

En chemin, les deux jeunes gens firent plus ample connaissance. Xhara était commissaire de bord du vaisseau commercial réquisitionné pour l’occasion. Elle était célibataire comme Dorian. Ses parents étaient conseillers auprès de l’équivalent de l’ONU terrien. Son frère était un négociant qui était souvent dans l’espace, bourlinguant ici et là. En riant, Xhara plaint son frère qui change de pilote comme de chemise, il avait le chic pour toujours trouver le pire des pilotes. Quant à Dorian, ses parents étaient des fermiers propriétaires d'une immense exploitation agricole, sa sœur ainée était titulaire d’une chaire d’astrophysique dans une prestigieuse université.

Les adieux n’avaient pas été déchirants, du moins en apparence, Dorian s’était contenu, en tant qu’officier. Il était toutefois sûr qu’il en avait été de même pour Xhara : il avait décelé chez elle une rougeur et une légère accélération de sa respiration, comme si quelque chose bloquait sa gorge. De plus, la jeune Lorienne lui remit discrètement un petit bout de plaspier. Plus tard, il déplia le mot et vit des chiffres qu’il comprit tout de suite : c’était une fréquence hyperspatiale.

Ils n’étaient plus en guerre, certes, mais la Terre et Loria n’en étaient pas encore au stade d’échanges diplomatiques comme deux états terriens… ou deux nations loriennes. L’idylle naissante serait-elle destinée à mourir dans l’œuf ? Dorian ne pouvait pas aller sur Loria, dans la conjoncture du moment, on le prendrait pour un espion et on le traiterait sûrement comme tel ; il en allait de même pour Xhara, les Terriens étaient si paranoïaques. Comme leur niveau était similaire, Dorian n’eut aucune difficulté à acquérir un petit émetteur-récepteur approprié, la vidéo exigerait un appareil plus volumineux et très peu discret.

A suivre

RAHAЯ

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
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