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Chantier de fouilles en Egypte, photo : Marie-Hélène Cingal - https://www.flickr.com/photos/24271543@N03/3260339941/

Chantier de fouilles en Egypte, photo : Marie-Hélène Cingal - https://www.flickr.com/photos/24271543@N03/3260339941/

Dans sa tente, à la lumière de l’éblouissante lampe à pétrole, le professeur Jonathan Pabbocou prépare sa communication pour la communauté scientifique. De son côté, le docteur Jay Perdunwar imprime ses photos, après en avoir envoyé au cloud. Le docteur Omar Alanaj est en train de confier son rapport à son dictaphone, nonchalamment étendu sur son lit picot.

 

À minuit, tout le monde dort, terrassé par les efforts fournis dans cette journée mémorable. Quelque chacal lance son jappement aigu au loin. Un tourbillon de poussière et de sable traverse le camp. Une toux sèche rompt le silence de la tente du prof. Une autre lui répond comme un écho, dans celle du docteur Jay.

 

Au matin, le docteur Jay, qui est aussi biologiste, examine un fragment de la substance brunâtre. Une autre partie a été envoyée au Caire pour analyse approfondie. Le prof et le docteur Omar n’ont pas bien dormi, semble-t-il ; ils ont les yeux cernés, et le visage de Jonathan présente une rougeur qui n’est apparemment pas due aux moustiques. Quant à Omar, son visage semble vaguement hâve. Sans se l’avouer, le docteur Jay s’est aussi levée du pied gauche, mais sa conscience professionnelle a pris le dessus.

 

Curieusement, les ouvriers semblaient éviter les savants, se tenant à bonne distance quand ils s’adressaient à eux. Un observateur superficiel qualifierait leur attitude de bassement servile. En réalité, les autochtones ont un sens intuitif inexplicable. Les ouvriers continuent à creuser et à déblayer, le prof étant persuadé que des inscriptions devraient encore exister sur le site, donnant de plus amples explication sur la tombe.

 

Pendant la journée, les trois scientifiques se sentent fiévreux et faibles, quoique par fierté, le doc Omar s’efforce de montrer une énergie factice. Leurs yeux se creusent encore plus, mais les chapeaux cachent plus ou moins leur regard brillant maladif. Ils imputent leur faiblesse à quelques piqûres de moustiques et attendent impatiemment la rentrée au camp pour avaler quelque cocktail de médocs.

 

En rentrant, le prof voit sur sa tablette les résultats partiels et provisoires des analyses. Un mot les accompagne. Les analystes se demandent si c’est un canular ou si deux cadavres ont été enfermés dans le sarcophage. Des morceaux d’ADN de reptile sont mélangés à des fragments d’ADN humain. Toutefois, une longue séquence montre un mélange des deux, intimement intriqués, ce qui est parfaitement impossible. On a aussi trouvé des virus qu’un généticien spécialiste en génie génétique a jugé familiers, ils ressemblent furieusement à ceux utilisés dans le traitement de maladies innées rares.

 

Durant la nuit, les toux sèches se multiplient. Le plus curieux, c’est que ces toux prennent peu à peu une tonalité grave et profonde, même pour le docteur Jay. Les lampes à LED s’allument et s’éteignent sporadiquement, et à tour de rôle. Les savants semblent passer une nuit grise, pour ne pas dire blanche.

 

Au matin, les ouvriers s’activent déjà, sous les directives du contremaître. Pour une fois, les scientifiques font la grasse matinée… une grasse matinée vraiment obèse, car le docteur Omar ne sort de sa tente que vers huit heures et demie. Les quelques ouvriers qui lambinaient sont littéralement pétrifiés. Passé le moment de surprise, ils tournent les talons et s’enfuient en hurlant.

 

Le docteur Omar est un peu surpris. Il ne s’est pas encore rasé, mais quand même. Il faut dire que même le docteur Jay n’a qu’un petit miroir que les deux hommes empruntent pour se raser. Quand il voit quelqu’un à demi nu sortir de sa tente, ses cheveux se dressent sur sa tête, il ne reconnaît pas le prof. Son hurlement d’effroi se confond avec celui de la créature. Alertée, le docteur Jay sort de sa tente et se fige en hurlant, mêlant son cri à ceux des deux autres.

 

Se maîtrisant enfin, le docteur Omar impose silence. Il a reconnu le tee-shirt de sa collègue, et le pantalon du prof. Il a devant lui deux êtres au crâne oblong, aux yeux jaunâtre avec une fente comme pupille, aux mâchoires allongées montrant des dents aiguisées comme des crocs, au nez épaté ; le torse est recouvert d’une sorte de petites écailles de serpent, comme une partie des cuisses et des jambes ; les doigts ressemblent à des serres maigres de lézard, mais avec des ongles verts. Le docteur Omar déduit qu’il est comme eux. L’ex séduisante docteur Jay est certainement la plus touchée psychologiquement, sachant qu’elle ressemble maintenant à ces deux… hommes ?

 

Bouleversé, le professeur appelle le Caire. Le résultat ne se fait pas longtemps attendre. Les trois égyptologues ont été infectés par le virus en ouvrant le sarcophage. L’organisme a modifié le génome des savants et a transformé ceux-ci en une nouvelle espèce d’apparence apparemment horrible pour les simples humains.

 

Pour leur redonner leur aspect d’avant, il faudrait reprogrammer les virus. Mais en l’état actuel de la technologie, ce n’est pas encore possible. Les trois pauvres mutants doivent désormais vivre comme des phénomènes de foire.

 

Plus tard, on a découvert leur corps non loin du camp déserté. Ils s’étaient entretués. Les savants avancent l’hypothèse que le virus a modifié des centres de leur cerveau, notamment celui des émotions et de l’empathie, celui de l’agressivité et de l’ambition.

 

Les archéologues devraient avoir plusieurs arcs à leur corde. L’ouverture du sarcophage aurait dû se faire dans un environnement sécurisé, car il n’a pas été scellé pour protéger quelque trésor ou juste pour faire joli. Il ne faut pas négliger les avertissements des anciens, car ils ne relèvent pas toujours de la superstition.

 

Fin

RAHAЯ

http://www.taringa.net/posts/noticias/5908083/Quienes-fueron-los-Annunaki.html

http://www.taringa.net/posts/noticias/5908083/Quienes-fueron-los-Annunaki.html

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
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