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Se rend-on compte du nombre d’égyptologues, ou de soi-disant tels, qui creusent çà et là dans le désert de l’Égypte ? Comme les anciens pharaons et leurs notables ont la fâcheuse habitude de cacher leurs tombes, maints savants en mal de célébrité n’hésitent pas à sacrifier le confort de la civilisation pour contribuer au grand puzzle de l’histoire de cette terre.

 

L’homme de la rue ne se soucie aucunement de savoir que tel grand prêtre du X siècle a été honoré par tel pharaon de la dynastie Y. Cela n’améliore en rien son niveau de vie… à moins qu’une quelconque invention des anciens puisse avoir une application intéressante et profitable. Autrement, l’individu lambda estime que les crédits accordés à ces « fouilleurs de tombes » devraient être plus judicieusement utilisés ; il y a tant de misère dans le monde, et ces savants sont outrageusement sponsorisés pour la poursuite d’honneurs futiles qui ne remplissent pas la panse.

 

Quoiqu’il en soit, le professeur Jonathan Pabbocou dirige des fouilles dans un endroit que les autres égyptologues ont ignoré. Et pour cause, le madré savant avait déchiffré un texte très très ancien sans faire de communication. Ce genre de cachotterie est courant, dans le monde des chercheurs, on ne tient pas à se faire piquer une théorie, avant sa démonstration, et corollairement les honneurs y afférant.

Ah ! L'Egypte ancienne et ses secrets ! Champ fascinant pour les archéologues, qui en perdent toute prudence ... - Illustration provenant de Acid25, visible sur facebook et extraite ici de : http://weheartit.com/entry/50255760

Ah ! L'Egypte ancienne et ses secrets ! Champ fascinant pour les archéologues, qui en perdent toute prudence ... - Illustration provenant de Acid25, visible sur facebook et extraite ici de : http://weheartit.com/entry/50255760

Un espion efficace pourrait découvrir dans le calepin du professeur le secret qui a motivé les présentes fouilles du savant. Les notes prises dans une écriture nerveuse et rapide, presque aussi indéchiffrables que les hiéroglyphes, parlent d’un monarque créé par les dieux, qui avait régné bien antérieurement à la première dynastie officielle. Si les calculs du savant étaient justes, le règne aurait débuté plus de trois siècles avant l’histoire connue des anciens égyptiens.

 

Évidemment, le terme « créé » a été souligné. On se serait attendu au mot « béni », ou bien « approuvé », ou encore « oint », comme dans les textes concernant les pharaons ultérieurs, mais le professeur a bien insisté que le scribe ne pouvait pas faire d’erreur grossière ni de lapsus, on n’avait jamais trouvé d’hiéroglyphe raturé et corrigé, de mémoire d’égyptologue, et le texte était relu par un supérieur.

 

Ce mot peut être approprié, d’après le contexte de l’époque où des contacts avec les Sumériens étaient probables. Les dieux en question seraient alors les Annunakis, des extraterrestres très avancés, abondamment décrits, et qui avaient interféré grandement dans les affaires des Terriens. L’idée d’une quelconque manipulation génétique n’est donc pas impensable, d’où le mot « créé » ; ce monarque a bien pu aussi être une créature hybride, tout est possible.

 

La traduction du professeur Jonathan Pabbocou relate encore que ce fameux monarque avait été un tyran de la pire espèce, un monstre assoiffé de sang devenu rapidement impopulaire. Toutefois, il avait pu régner un long temps, par la peur. Dame ! un monarque que les dieux avaient imposé. La populace était en fait retenue par la peur des représailles de ces dieux, en cas de régicide.

 

Après un règne despotique d’un siècle, les sujets étaient désespérés par la longévité de leur tyran. Le temps avait fini par entamer la crainte des dieux de certains. Parmi ces révoltés, il y avait des prêtres versés dans la magie apprise de ces mêmes dieux. Ils avaient alors exécuté des rites secrets, puis une nuit, ils tentèrent d’assassiner le monstre. Cela n’avait pas été une mince affaire, les poisons n’avaient pas eu d’effet, quelques courageux avaient essayé le poignard mais n’avaient pas rencontré le cœur, d’autres venus en renfort avaient fini par étrangler le monstre.

 

Terrifiés et en sueur, les conjurés avaient ligoté et bâillonné le monarque, ils sentaient encore un pouls, alors qu’une corde enserrait son cou. Auparavant, ils avaient déjà creusé une tombe à flanc de colline, loin de la ville. Un sarcophage en bois, sans ornement, avait été construit depuis un bout de temps, en prévision du régicide, le monarque était tout de même un souverain donné par les dieux.

 

Au cours de l’attentat, deux des conjurés avaient été blessés et avaient été en contact avec le sang du potentat pendant la lutte. Mais ici, le texte était incomplet et on ne sait pas ce qu’il advint de ces deux individus. Quoiqu’il en soit, la suite du texte relate qu’un sarcophage de pierre avait été fabriqué avec des signes cabalistiques d’enfermement, et le monarque y avait été transféré. Un avertissement termine le texte : le sarcophage ne doit jamais être ouvert, sous peine de libérer un fléau qui anéantirait les vrais êtres humains.

 

Il est tout de même incompréhensible que les conjurés aient indiqué l’endroit de la tombe avec des repères topographiques. Enfin, c’était probablement pour indiquer aux gens où ne pas aller, et prévenir toute excavation accidentelle. Mais bien entendu, le professeur a traité cet avertissement par-dessus la jambe, le considérant comme de la superstition religieuse.

 

***

Après plusieurs essais, les ouvriers ont enfin trouvé l’ouverture de la tombe. Naturellement, ils n’ont pas osé s’y aventurer, bridés par un reste de superstition. Le professeur a donc dû se contenter de ses deux assistants, les docteurs Jay Perdunward et Omar Alanaj. La tombe est nue, sans aucune inscription, sans aucun hiéroglyphe ; l’éventuel pilleur s’en serait retourné bredouille, même pas un pot d’argile à se mettre sous les dents. Le sarcophage est en pierre, mais trois personnes devraient venir à bout du lourd couvercle.

 

Le couvercle est luté avec une sorte de mortier calcaire. Un burin et quelques coups de marteau en est venu à bout assez rapidement. Il a tout de même fallu ahaner pour faire glisser le lourd bloc de pierre. Ce que les trois savants découvrent alors est un amas d’os fracturés dans des lambeaux méconnaissables, sur un tapis de substance brunâtre sèche. Le mortier calcaire a dû être assez poreux pour laisser s’échapper toute l’humidité. Aucun objet précieux, sauf une bague en argent.

 

Il est clair que le cadavre qui avait été jeté dedans comme un malpropre, avait été battu comme plâtre, au point de ne plus avoir été reconnaissable. Contrairement à la coutume, le mort n’avait pas été momifié, ni embaumé… quoiqu’une odeur très ténue de myrrhe soit quand même perceptible. C’était probablement plus par souci sanitaire que par respect.

 

Le docteur Jay prend des clichés, le docteur Omar effectue quelques mesures. Le crâne aux fractures multiples est plutôt intrigant : il est en forme d’obus et sa capacité pourrait presque atteindre les 1 700 cc. Les os sont épais, et il a certainement fallu beaucoup de force pour les briser. La substance brunâtre est assez insolite pour que le professeur en prélève un échantillon pour analyse.

 

A suivre

RAHAЯ

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
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