Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Une nouvelle enquête du détective Kwan Lock, ce "cher Lock" comme dit son assistante Ninie !

Une enquête dans une cuisine qui ne tourne pas rond ! Le chef Philippe Etchebest en est tout perplexe ! Le restaurant aurait peut-être eu besoin de sa visite, mais il n'est pas enquêteur et nous avons un meurtre sur les bras ! - http://www.m6.fr/emission-cauchemar_en_cuisine/photos-les_phrases_cultes_de_philippe_etchebest-62394/photo-880894

Une enquête dans une cuisine qui ne tourne pas rond ! Le chef Philippe Etchebest en est tout perplexe ! Le restaurant aurait peut-être eu besoin de sa visite, mais il n'est pas enquêteur et nous avons un meurtre sur les bras ! - http://www.m6.fr/emission-cauchemar_en_cuisine/photos-les_phrases_cultes_de_philippe_etchebest-62394/photo-880894

« Psitt ! Patron, réveillez-vous, nous avons une cliente.

— Hmm… Donne-moi une minute pour me rafraîchir, Ninie.

Je n’ai pas bien dormi, à cause de l’achèvement tardif d’une affaire. Je m’asperge le visage dans le petit cabinet de toilette, puis pêche une pastille à la menthe dans un tiroir.

Marie Timme est en deuil. Un tailleur noir d’excellente coupe, un petit sac noir à chaîne dorée et des chaussures noires de marque, ne laissent aucun doute. C’est une séduisante jeune trentenaire. Son petit visage chiffonné ne peut cacher la délicatesse de ses traits. Un homme normal ne pourrait pas s’empêcher de la prendre dans ses bras pour réconforter cette jolie créature en détresse, mais ma pudeur innée, due à mes origines orientales, et mon professionnalisme m’interdisent toute familiarité déplacée. Je me contente d’un sourire engageant.

— Que puis-je donc pour vous, madame…

— Mademoiselle.

— … Mademoiselle Timme ?

— Ma mère est morte hier…

— Toutes mes condoléances.

— Merci. Le médecin a rédigé l’acte de décès, mais moi je crois qu’elle a été assassinée.

— De quoi est-elle morte, si je puis me permettre ?

— Le médecin a prétendu que c’était une insuffisance cardiaque. Pourtant, la veille, ma mère et moi avions fait les boutiques ensemble, et elle était en pleine forme. Hier matin, après que Jean, mon beau-père, Jean Poizaune, soit parti, elle s’est levée normalement, mais elle s’est écroulée avant de prendre son petit-déjeuner.

— Pourquoi soupçonnez-vous un assassinat ?

— Son mari, mon beau-père, est propriétaire d’un restaurant, les Doigts Gras, lequel est en difficulté. Il a, en ce moment, besoin d’un financement conséquent. Il a fait souscrire une assurance-vie importante à ma mère il y a deux mois.

— Vous pensez donc qu’il l’a assassiné ?

— Je ne sais pas comment, mais oui. Le mobile est évident, non ?

— Savez-vous ce qu’elle a mangé la veille ?

— Nous avons dîné au restaurant, tous les trois. Jean a laissé sa toque de chef pour cette soirée. Nous avons partagé le même plat : du couscous.

— Est-ce que votre mère prenait des médicaments ?

— Non, elle était en bonne santé, à ce que je sache.

— L’affaire ne se présente pas bien, mais je vais voir ce que je peux faire.

— J’ai entièrement confiance en vous, monsieur Kwan. Mon amie Gina Paggon ne tarit pas d’éloges à votre égard… Je ne suis pas aussi fortunée qu’elle, mais mon grand-père m’a laissé un bel héritage. »

Quoique les tarifs de Kwan Lock Investigations soient extravagants, les clients aisés ne manquent pas. Je ne fais pas beaucoup de publicité, mais le bouche à oreille est très efficace. Voilà aussi pourquoi Ninie, malgré qu’elle soit bardée de diplômes prestigieux, est très attachée à l’agence. J’envoie donc ma jeune assistante enquêter sur l’état financier réel du Doigts Gras. Moi, je porte mes pas au restaurant, voir de près ce Jean Poizaune.

Évidemment, il n’est pas là, il s’occupe des funérailles de sa femme. Je me contente du gérant. Ce beau jeune homme, qui me fait rappeler Alain Delon à ses débuts, est d’abord méfiant. Ce n’est que quand je lui ai dit que j’agissais au nom de Marie, qu’il a changé résolument d’attitude. il me vient à l’idée qu’il se passe quelque chose entre ces deux-là. Il ne se fait pas prier pour me fournir des détails sur le fameux dîner. Ce soir-là, Jean Poizaune n’a pas mis les pieds dans la cuisine. Je n’ai pas besoin de Ninie pour voir que le zigoto ne porte pas beaucoup le proprio dans son cœur. J’emploie quelques techniques de mon assistante pour amener le type à se confier, je sens quelque frustration latente.

La raison essentielle pourquoi le restaurant court à la faillite est l’ingérence maladroite du chef dans sa gestion. Le Jean ne se contente pas de rester à ses fourneaux, sous prétexte qu’il est le propriétaire. C’est à se demander pourquoi il a embauché un gérant diplômé.

Tout ce que j’ai pu en tirer, c’est que la mère de Marie n’a pas été empoisonnée au restaurant. Mais par acquis de conscience, je m’enquiers des relations de Jean. Le gérant m’assure avec comme une pointe de regret, que le chef était trop occupé en cuisine pour avoir le temps d’avoir quelque relation extraconjugale. Quant à ses relations d’affaire, il est assez ami avec nombre de ses fournisseurs. Ah oui, il s’est lié d’amitié avec un chef japonais, au cours du concours « La Table du Chef ». Celui-ci tient un restaurant plutôt élitiste, se spécialisant dans les plats japonais. Jean Poizaune lui rend souvent visite.

Je retourne, mélancolique, à mon agence. Ninie m’attend avec impatience, ne tenant pas en place comme une puce.

— Le mobile est évident, mon cher Lock. Le restaurant court à la faillite. On sait bien que la conjoncture n’est pas très brillante, mais le restaurant est placé en un endroit stratégique. Au lieu de faire des investissements judicieux, dans le marketing ou la pub par exemple, Jean Poizaune s’est lancé dans des travaux non prioritaires de rénovation et d’une modernisation d’un goût douteux. Il lui est difficile d’honorer à temps ses dettes assez conséquentes.

— Très bien, on a maintenant le mobile ; avec l’assurance-vie, il va retomber sur ses pieds. Mais reste à trouver comment il a pu assassiner sa femme. Certainement pas pendant le dîner, elle ne serait pas seule à mourir si le couscous a été empoisonné. Non plus pendant la nuit, elle s’est bien levée au matin.

A suivre

RAHAЯ

Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :