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talentencadreur.free.fr

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Le Dr Teihn (Ron se dit « drôle de prénom ») Ismann, une jolie psychologue nullement bouchée comme les scientifiques bon teint, avait modéré son scepticisme conséquemment à certaines enquêtes bizarres que lui avaient révélées quelques inspecteurs. Toutefois, Ron n’avait raconté que ses curieux rêves… ou plutôt cauchemars récurrents. Il n’avait jamais rêvé de ses enquêtes jusqu’ici, aussi épineuses fussent-elles.

 

« Vous vivez seul inspecteur ?

— Oui, j’habite un petit studio dans l’immeuble l’Air Osier, tout près.

— Ah… Tiens donc.

— Au numéro 13… Mais je ne suis pas superstitieux.

— Vous avez dit 13 ?

— Oui… Qu’y a-t-il, doc ? Mais vous êtes bouleversée !

— C’est que c’était là que vivait un vieil inspecteur.

— Ah, il est mort ?

— Non… Oui… Enfin, il est considéré comme tel.

— Je ne comprends pas. Il est soit vivant ou soit mort.

— En fait, il a disparu il y a un an. On ne l’a jamais retrouvé… Mais revenons à vous… »

 

Ron réfléchit. Se pourrait-il que ce fût ce policier qui se manifestait ? Serait-il mort là ? Non, il n’y avait eu aucune trace de violence dans le studio. Alors, qui s’amusait avec la lampe de chevet ? Il décida d’enquêter discrètement.

 

Le résultat le laissa perplexe. Il n’y avait encore eu aucun décès dans l’immeuble, lequel avait été construit sur un ancien terrain vague. Aucune manifestation paranormale n’aurait donc dû se produire. Il avait dû avoir l’air fin en interrogeant certains locataires du bâtiment. Mais il fut stupéfait quand une vieille pipelette lui apprit que le policier en question s’appelait Paul Ismann. C’était donc le père de Teihn. Il avait vécu au numéro 13 après son veuvage. Mais il n’y est pas mort, il était parti à son boulot un jour, et il n’était jamais rentré.

 

La nuit, Ron rêva encore. Le premier rêve revint. Mieux préparé, l’inspecteur put rassembler d’autres détails. Il distingua le nom de la rue : Séparla. Un mouchoir en papier était tombé de la poche du prisonnier et un coup de vent l’avait poussé dans une encoignure, presque invisible. L’un des agresseurs, celui qui avait perdu une dent plus tard, appelait l’autre Denis. La voiture noire était une Volvo. La lampe de chevet le réveilla brusquement à 2h40. Ron se sentit épuisé et décida de prendre une douche avant de se recoucher.

 

Au commissariat, il ne pouvait pas cacher ses cernes avec des lunettes de soleil. Il alla tout de suite voir le commissaire pour tout lui dire.

 

« Je sais que c’est dingue commissaire, mais je sens intuitivement que mes rêves se rapportent à l’inspecteur Paul Ismann. Pourrions-nous revoir le dossier de l’enquête de sa disparition ? »

 

Le policier disparu avait enquêté sur la mort suspecte d’un petit revendeur de drogue. Son coéquipier ayant été rappelé en urgence, il avait continué seul son enquête. Puis on ne l’avait plus revu. Ron eut une intuition ; il demanda à voir une photo de Paul Ismann. Le commissaire se rappela que sa fille Teihn avait sur son bureau une excellente photo encadrée de son père.

 

Ron fut formel, l’homme qui hantait ses rêves était Paul. Tout alla alors très vite. Un agent envoyé rue Séparla retrouva un petit amas informe, le mouchoir dégradé. Grâce au numéro mémorisé par Ron, la Volvo noire fut retrouvée ; elle était au nom de Denis Tosca, soupçonné d’être un dealer. Des traces anciennes de sang furent décelées dans le coffre de la voiture. Il était fort probable qu’elles provinssent de Paul, l’analyse le confirmerait. Le hangar et sa salle secrète ne furent pas difficiles à trouver. On trouva une dent sous un établi, et un mégot de cigare, sûrement plein d’ADN. La revue des photos du fichier central permit d’identifier le barbu, un chef de gang jusqu’ici insaisissable. Évidemment, Ron reconnut immédiatement Denis, et son acolyte au dent manquant ne tarda pas à être appréhendé et coinculpé du meurtre du policier. Son corps fut retrouvé à l’emplacement « rêvé » par Ron, dans la combe, ce qui évidemment avait fortement impressionné les meurtriers qui ne firent pas de difficulté à avouer leur méfait. L’enquête de Paul Ismann l’avait entraîné un peu trop près des activités du gang. Il fut décidé de .le supprimer. Le gang n’aurait jamais pensé qu’on retrouverait leur cache secrète.

 

Ron fut surnommé « le flic rêveur ». Le Dr Teihn lui fut reconnaissante, elle pouvait maintenant faire son deuil. Ron lui remit la lampe de chevet, laquelle ne fit plus de fantaisie.

 

Fin

RAHAЯ

Photo : Maurice Janin, Romantiques roses - http://www.journaldesfemmes.com/jardin/deco-jardin/photo/20-conseils-pour-embellir-les-fenetres/25-conseils-pour-embellir-les-fenetres.shtml

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Tag(s) : #Les nouvelles de Rahar
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