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http://www.youtube.com/watch?v=X7i85oNoomc

Pour les longs trajets en métro, je mets dans mon sac des livres format de poche que je n'ai pas encore lus et ... hier matin, j'ai lu ceci, dans 2010 : Odyssée deux, d'Arthur Clarke (collection J'ai lu SF, traduit de l'américain par Pierre Alien -sic) :

"J'ai trouvé le poème que je cherchais, dit-elle. Il commence ainsi :

Qu'est une femme pour que tu l'abandonnes,
Ainsi que l'âtre et la terre natale,
Pour suivre le vieux et gris Faiseur de veuves ?

- Désolé, je ne comprends pas bien. Qui est le Faiseur de veuves ?

- Pas qui, quoi. La mer. Le poème est la lamentation d'une femme viking. Il a été écrit par Rudyard Kipling, il y a un siècle."

***

Ce gris Faiseur de veuves m'a impressionnée, surtout en pensant au thème du gris choisi par Marie-Alice pour le Coucou du haïku de ce vendredi et j'ai voulu lire le poème en entier, une fois rentrée. En voici le début :

 

Harp Song of the Dane Women

by Rudyard Kipling


What is a woman that you forsake her,
And the hearth-fire and the home-acre,
To go with the old grey Widow-maker?
She has no house to lay a guest in—
But one chill bed for all to rest in,
That the pale suns and the stray bergs nest in.

She has no strong white arms to fold you,
But the ten-times-fingering weed to hold you—
Out on the rocks where the tide has rolled you.

 

Je n'ai pas trouvé de traduction toute prête sur internet, je me suis donc piquée au jeu de traduire, ou plutôt transposer en français, ce début à ma façon, en m'imaginant être tantôt Caroline, la femme de Heywood Floyd, qui veut faire comprendre à son mari son déchirement de le voir s'envoler dans les étoiles et pour longtemps à nouveau sans certitude de retour, tantôt la femme scandinave qui tentait désespérément, par son chant et sa harpe, de retenir son propre mari, un de ces féroces navigateurs nordiques qui sur leurs drakkars, écumèrent tout le nord de l'Europe du 8ème au 10ème siècle.

 

Que sont donc la femme, le foyer et la terre,
Ont-ils si peu de poids qu'homme, toi, tu préfères
La Faiseuse de veuves, vieille et grise mer ?
Qui n'a nulle maison ni lit pour t'accueillir,
Juste une couche froide où il faut tous dormir,
Glaces, maigres soleils y viennent s'y blottir.

Elle au lieu de bras blancs pour bien t'envelopper
De tous ses doigts d'algue ne fait que te tâter
Là dessus les rochers où le flux t'a roulé.

***

Lenaïg

http://www.youtube.com/watch?v=2lHSZMySzXM

Tag(s) : #Traductions
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